Dans le célèbre roman de Jules verne « 20 000 lieues sous les mers », un passage a particulièrement frappé l'esprit des lecteurs de tous âges. Il s'agit du moment où le Nautilus, le sous marin révolutionnaire du capitaine Némo, est attaqué par un calmar géant de plus de huit mètres de longueur. Pour bien des esprits cartésiens, l'auteur français venait une nouvelle fois de démontrer ses aptitudes à inventer des mondes et des choses n'ayant aucun rapport avec la réalité. |
Certes, depuis l'antiquité, certaines légendes faisaient état de monstres gigantesques aux bras multiples souvent redoutés par les marins qui craignaient de voir leurs navires attaqués par ces créatures des enfers. Mais voilà, dans la plupart des cas, les légendes se bâtissent sur des faits concrets et il n'y a plus aucun doute concernant l'existence de calmars géants peuplant les profondeurs des océans. C'est à partir de 1871 que les scientifiques ont pu confirmer que ces animaux incroyables étaient bien réels. En dix ans, une dizaine de spécimens s'échouèrent sur les côtes de Terre Neuve, une grande île canadienne située dans l'Atlantique Nord. Le plus gros de ces calmars avait un corps de six mètres et ses bras, qui lui servent à attraper ses proies, atteignaient onze mètres de longueur. Des dimensions époustouflantes mais qui ne sont peut-être rien comparativement à la taille de certains spécimens. Malgré de nombreuses expéditions scientifiques, on ne sait encore pas grand-chose sur l'architeuthis dux, nom scientifique du calmar géant. Il y a peu, une équipe japonaise a été la première à photographier un de ces animaux en pleine mer, la femelle qui s'est dévoilée sous leur objectif atteignant la taille respectable de huit mètres. Une rencontre historique qui ne devrait pas rester isolée trop longtemps, car de plus en plus de chercheurs multiplient les tentatives pour approcher cet animal mythique dans son élément naturel. Le problème, c'est que les architeuthis vivraient entre 800 et 1 000 mètres de profondeur, ce qui est loin d'être idéal pour aller prendre des photos ou tourner un film. Face à ce problème, les scientifiques doivent se contenter d'étudier des animaux morts, échoués sur des plages ou pêchés par des marins, ce qui fait qu'on ne sait toujours pas quelle peut être la taille maximale de cette créature. |
Des indices laissent à penser que les spécimens observés jusqu'à présent ne sont que des broutilles par rapport aux montres qui peuvent exister. Il suffit de voir certaines cicatrices arborées par des cachalots pour se rendre compte que les calmars géants sont peut-être encore plus géants qu'on ne le pense. Les cachalots sont en effet les principaux, voire les seuls prédateurs des architeuthis, mais avant de s'en délecter, ils doivent parois mener des combats épiques laissant des traces. Certaines cicatrices étant aussi larges qu'une soupière, on peut penser que des calmars de 40 ou 45 mètres de long existent bel et bien. La plus grande balafre observée sur un cachalot atteignait 45 centimètres de diamètre, ce qui correspondrait à un calmar de 66 mètres ! Cela peut paraître totalement fou, mais l'homme connaît encore si mal les océans que bien des surprises sont encore possibles. Une chose est sûre en tout cas, c'est que les légendes ont encore de beaux jours devant elles. vincent, pour la Rédaction. |