Quelle est donc cette petite fleur qui pousse dans le midi et qui ressemble étrangement à... une orchidée ? Rien d'autre qu'une orchidée en effet, une des nombreuses espèces d'orchidées sauvages qui sont en fait plutôt répandues et assez fréquentes. Dans notre cas, visiblement Ophrys occidentalis bien que je ne sois pas un expert. |
Une petite fleur qui passerait presque inaperçue car à force de ne contempler que des fleurs multicolores aussi grosses qu'une tulipe, ont fini par oublier l'essentiel : la nature sauvage. Sauvage mais toute proche de nous, car elle s'invite dans nos jardins pour peu que l'on ne soit pas un adepte trop récurent de la tondeuse à gazon et que l'on se plaise à laisser dans nos parterres quelques plantes dites nuisibles s'y développer. A ce propos, je vous invite à relire la vision du nuisible qu'Hubert Reeves dans son ouvrage « Mal de Terre » nous propose, il y exprime toute une philosophie de vie en harmonie avec la nature, et ceci en quelques lignes. Ophrys occidentalis est une espèce précoce, très abondante de la fin d'hiver au début du printemps. Celle-ci a fleuri, tout simplement, dans mon jardin. Sa floraison de février à avril, lui permet de coloniser les garrigues à thym et romarin ainsi que les bords de chemin. Ses sépales sont en général verts, son labelle est ovale, petit et de couleur foncée avec une marge jaune réduite voire absente. Les gibbosités sont peu importantes et la macule est assez bien développée de forme variable et de couleur bleue à rouge. Cet ophrys a parfois été considéré comme une sous-espèce d' Ophrys exaltata dénommée marzuola ( Ophrys exaltata subsp. marzuola ), mais elle a été redéfinie depuis. La saison est donc à la floraison des orchidées sauvages, dont les motifs et les couleurs sont sans limite, comme l'imagination de la nature pour ces plantes exceptionnelles. |

Pour ceux qui ont la chance de vivre dans le sud, du littoral méditerranéen jusque sur les causses lozériens, l'occasion se présente d'aller à la rencontre de ces petites fleurs étonnantes. Mais les découvrir, c'est aussi les respecter en les laissant où elles sont. Cueillir une orchidée sauvage la met en danger tant sa reproduction est délicate et fonction de nombreux paramètres. Aussi, prenez plaisir à les observer et laissez-les profiter des belles journées du printemps pour déployer tous leurs stratagèmes mimétiques. Jean-Marie Pelt vous le dirait mieux que moi, l'orchidée est au sommet de l'évolution du règne végétal. Cette position, synonyme de complexité, en fait une plante fragile et exposée aux variations de son environnement. Que l'insecte qui participe à sa reproduction sexuée disparaisse, et l'orchidée n'y survivrait pas. Une relation privilégiée entre la faune et la flore qui nous aide à prendre conscience de l'impact réel de l'activité humaine sur la biodiversité et sur ces symbioses si étonnantes.
olivier, pour la Rédaction. |