Les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord sont-ils en mesure d'adapter leurs méthodes actuelles de gestion de l'eau pour relever les défis liés à la pénurie de la ressource ? C'est la question posée par le dernier rapport de la Banque Mondiale sur la gestion de l'eau dans le monde arabe. La région doit en effet faire face à trois défis majeurs. Tout d'abord, la mutation des économies, la croissance démographique et la plus grande demande de services d'approvisionnement en eau et d'irrigation dans les prochaines décennies. |
Ensuite, la modification du régime des précipitations en raison des changements climatiques. Enfin, la baisse de la disponibilité de l'eau par habitant qui sera divisée par deux à l'horizon 2050. Le monde arabe devra donc rapidement trouver une façon de réduire sa consommation d'eau s'il veut éviter une vaste crise humanitaire d'ici quelques années. Dans son rapport, la Banque Mondiale lance donc un appel non pas à « des mesures techniques qui doivent être décidées par des ingénieurs, mais à des réformes politiques profondes que les gouvernements de la région doivent entreprendre ». D'ici 2050, les ressources en eau renouvelable chuteront de 20 % en raison des changements climatiques. La banque exhorte les pays à agir, d'autant plus qu'ils disposent déjà des plus basses réserves d'eau renouvelables au monde. Face à ces pénuries croissantes, la Banque préconise des restrictions d'utilisation d'eau. Selon le rapport, l'agriculture, qui représente plus de 85% de la consommation d'eau de la région, utilise l'eau et l'investissement de manière inefficace. Dans certains cas les infrastructures d'irrigation ne sont pas suffisamment développées pour utiliser l'eau stockée. Ailleurs, l'eau n'est pas disponible pour exploiter les infrastructures. Dans presque tous les cas, l'agriculture irriguée ne génèrerait pas de rendements corrects. Plus de la moitié des pays de la région utilisent plus d'eau que leurs ressources renouvelables leur permettent. |
Les pays vont donc devoir affecter l'eau aux usages qui génèrent le plus haut niveau de revenu et d'emploi, plutôt qu'à des cultures, comme certaines céréales, qui sont faciles et moins coûteuses à pratiquer ailleurs. Et compte tenu de son fort ensoleillement, la région devrait pouvoir se concentrer sur les cultures rentables comme le raisin, les olives, les tomates, le melon ou les fraises, et accroître ainsi le commerce avec l'Europe. En dépit des ces problèmes , les auteurs du rapport soulignent que la plupart des pays ont réalisé des progrès en lançant d'importants investissements dans le secteur de l'approvisionnement d'eau et dans l'assainissement. Des étapes prometteuses qui doivent être approfondies pour sortir le monde arabe de la situation critique dans laquelle il se trouve. Les réformes en cours et à venir peuvent porter leurs fruits et contribuer à améliorer la situation économique, le bien-être des populations, et l'avenir écologique de toute la région Le rapport de la Banque Mondiale La banque mondiale et l’eau philippe, pour la Rédaction. |