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Le déclin de la biodiversité européenne se poursuit

NATURE ANIMALE
Chronique du 30-05-2009

Par Vincent Armillon
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LA CHRONIQUE
Lorsque l'on parle de disparition d'animaux ou de plantes, d'espèces menacées, de chute de la biodiversité, l'imaginaire collectif à tendance à penser à des pays lointains et des animaux symboliques tels que les éléphants, les baleines ou autres tigres. Pourtant, l'Europe n'est malheureusement pas épargnée par le déclin du vivant, bien au contraire. Au fil des ans, l'urbanisation, l'industrialisation et le développement de l'agriculture intensive ne cessent de mettre à mal un patrimoine pourtant si précieux pour l'avenir de l'humanité et de notre planète en général.

A la fin du mois d'avril, Athènes accueillait une conférence consacrée à la question de la biodiversité et le bilan de celle-ci est loin d'être encourageant. Il y a sept ans, l'Union Européenne s'était engagée à stopper l'érosion de la biodiversité à l'horizon 2010 et s'il reste encore un an avant d'atteindre cette échéance il est d'ores et déjà acquis que cet ambitieux projet est un véritable échec. Les chiffres sont en effet terribles et se passent de commentaires. On estime ainsi aujourd'hui que 40 à 70% des espèces d'oiseaux et que 50 à 85% des habitats dans lesquels la faune et la flore peuvent prospérer se trouvent dans un état de conservation critique.

Certes, des avancées ont permis d'atténuer quelque peu le déclin de la nature dans nos pays, avec en premier lieu la mise en place du projet Natura 2000. Celui-ci a permis de créer la plus importante surface d'aires protégées dans le monde, avec pas moins de 25 000 sites couvrant 17% du territoire européen. Un point positif donc, mais qui ne permet pas d'enrayer la perte de biodiversité. Il faut dire que ce domaine ne passionne pas les foules, en partie car peu de gens ont conscience du phénomène et de ses conséquences. Il est très difficile d'obtenir des chiffres précis et capables de marquer l'opinion publique contrairement à la hausse des températures ou aux émissions de gaz à effet de serre qui sont désormais des facteurs connus et susceptibles de faire évoluer les mentalités des citoyens et des gouvernements.

Finalement, c'est peut-être bien l'aspect financier qui pourrait faire évoluer les choses le plus rapidement. Au cours de la conférence d'Athènes, plusieurs intervenants ont insisté sur l'impact économique qui peut être lié à l'appauvrissement de notre patrimoine naturel. Concrètement, on estime que pas moins de 6% du PIB européen pourrait être tout simplement perdu si rien n'est fait pour inverser cette tendance rapidement. Taper au portefeuille, voilà bien une méthode souvent infaillible pour éveiller les consciences.



Autre point intéressant, c'est que lorsque nous modifions nos comportements, les choses peuvent s'améliorer rapidement. L'exemple le plus frappant actuellement nous vient des grandes villes européennes. De façon tout à fait paradoxale, la biodiversité est globalement en augmentation dans les milieux urbains. A Paris, certaines espèces d'oiseaux, des renards (photo ci-contre), des poissons mais aussi des plantes sont de retour depuis quelques années.

L'augmentation du nombre d'espaces verts et leur entretien effectué de manière beaucoup plus respectueuse de l'environnement, notamment avec un usage restreint des pesticides, conduisent à ce résultat. Si l'on ajoute à cela la plantation de plantes produisant des graines et des baies dont raffolent les oiseaux, on assiste à un retour de plusieurs espèces. Les castors (photo ci-dessus), espèce fragile s'il en est, ont même fait leur apparition à Lyon, preuve que la nature ne demande qu'une chose, reconquérir des territoires un jour abandonnés et prospérer, à condition qu'on lui en donne la possibilité.

                Vincent Armillon, pour la Rédaction.



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