Le développement humain passe par un égal accès à l'eau potable et à l'assainissement. Ce constat ne date pas d'hier et au fil de rapports internationaux, d'études d'experts et de sommets en tout genre, le bilan ne cesse de s'aggraver. La crise de l'eau n'est pas seulement due à une simple pénurie de la ressource. La pauvreté, les guerres, les habitudes de consommation non durable, les migrations, sont les causes profondes du péril hydrique. |
Le dernier rapport du PNUD, le Programme des Nation Unies sur le Développement Humain , met l'accent sur cette crise responsable de la mort de près de 2 millions d'enfants par an, soit 5000 décès par jour. Des décès dus entre autres aux diarrhées, deuxième cause de mortalité infantile au monde. Une catastrophe peu médiatique… Et pourtant, cela correspond à 5 fois le nombre d'enfants qui meurent des suites du virus du SIDA. Ce rapport souligne quelques inégalités particulièrement criantes. Ainsi, dans nos pays dit « riches », les robinets qui fuient gaspillent chaque jour plus d'eau que la quantité dont disposent dans le même temps plus d'un milliard de personnes. En Europe, 200 litres d'eau sont nécessaires à chacun d'entre nous pour notre utilisation quotidienne alors que les plus démunis ne disposent que de 5 litres par jour. Autre injustice frappante : le prix de l'eau . Les habitants des bidonvilles payent l'eau 5 à 10 fois plus cher que ceux de quartiers plus aisés. A Paris ou à Londres ont dépenserait ainsi moins que les plus pauvres de Manille, aux Philippines, obligés d'acheter leur eau à des vendeurs des rues, ou des distributeurs en camion citerne. Autre inégalité face à l'eau : la menace des changements climatiques . Les bouleversements que connaît la planète actuellement nous inquiète à juste titre. Mais si nous devons prendre des mesures pour faire face au réchauffement de la planète et lutter contre une menace future, il n'en est pas de même pour de nombreux pays qui connaissent déjà les soucis que nous redoutons pour notre avenir. |

Et si dans nos continents dit « développés » nous cherchons les solutions pour endiguer le phénomène, les habitants de ces zones en voie de développement doivent déjà s'adapter comme ils peuvent. Le rapport du PNUD insiste là-dessus en indiquant que les moyens de subsistance de millions de personnes vont devenir plus précaires au fur et à mesure que les précipitations deviendront plus aléatoires. Le Programme des Nation Unies sur le Développement Humain appelle donc à une grande initiative de mobilisation mondiale pour l'eau, à l'image de celle mise en œuvre pour coordonner la lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. 10 milliards de dollars, c'est le prix estimé par l'ONU pour atteindre l'objectif fixé par la communauté internationale sur l'amélioration de l'accès à l'eau et aux systèmes sanitaires. 10 milliards de dollars, c'est moins de 5 jours des dépenses militaires de la planète … C'est également moins de la moitié de ce que les pays riches dépensent chaque année en eaux minérales.
Les détails du rapport sur le site de l'UNESCO philippe, pour la Rédaction. |