Les migrations à venir pèseront lourd dans la balance. Nous nous sommes déjà rendu compte en temps réel de l'incapacité de l'homme à faire face au déplacement de quelques milliers de personnes à la suite d'une catastrophe naturelle de l'ampleur de celle qui a frappée les côtes de la Nouvelle Orléans aux Etats Unis, de l'inadaptation des services d'un grand pays pour faire face à ce type de crise, mais nous sommes encore loin d'imaginer devoir un jour gérer le déplacement de plusieurs dizaines de millions de personnes… Ces gens ont déjà un nom, ce sont les « les réfugiés climatiques ». Des gens qui devront par la force des choses quitter leurs villages, leurs cultures, leurs continents même peut être, parce que les ressources locales ne seront plus suffisantes pour assurer leurs survies, (nourriture, eau, énergie…), mais aussi parce que la disparition générale annoncée de la Biodiversité au sens large, fera partie de la réalité quotidienne. La fonte des glaciers provoquant un peu partout sur la planète une "montée des eaux" ne relève pas de la fiction. Et cette prévision alarmiste a été faite très sérieusement par les spécialistes, des scientifiques qui osent aujourd'hui affirmer que cette mutation est même programmée… Ainsi, dès 2003, le GIEC* dans un rapport, annonçait déjà, qu'en raison du réchauffement de la planète, d'ici l'an 2050, pas moins de 250 millions de personnes devront être "déplacées". Des familles qui pour la plupart sont issues des régions du Sud, les régions les plus pauvres et les plus peuplées, là où la démographie est galopante, incontrôlée et incontrôlable. Du jamais vu dans l'histoire de l'humanité… Jamais l'homme n'a eu à faire face à une telle situation. Car le réchauffement climatique n'est pas seulement la disparition chaque année de dizaines d'espèces animales ou végétales, c'est aussi la remise en cause de l'activité humaine et de sa présence physique sur terre. La question est simple. Où et comment accueillir des dizaines millions de réfugiés contraints de quitter leur environnement pour leur survie ? Ces migrations seront bien évidemment ingérables : ni politiquement, ni économiquement, ni logistiquement. Les populations du Sud paieront les premières "la politique de développement économique de l'Occident", celle des pays riches, des pays du Nord et des révolutions industrielles. |

Ainsi, au rythme où vont les choses, la dette envers ces pays ne sera plus économique, écologique, mais climatique et morale... En se basant sur quelle loi, avec quel statut, avec quelles armes, ces gens pourront-ils revendiquer leur appel à l'aide ? Qui a eu vent aujourd'hui des inquiétudes formulées depuis quelques années déjà par les habitants de certaines îles du Pacifique, qui voient chaque jour la mer empiétée sur leur terre ? La conjoncture internationale qui repose sur les accords passés entre Etats pour l'exploitation de ce qu'il reste encore des énergies fossiles dans les pays du Sud, (pétrole, charbon, gaz, nickel, diamants etc…), pourrait elle aussi être complètement modifiée, et la carte géopolitique du monde redessinée. Les climatologues sont formels. Le réchauffement planétaire pousse le climat au bord de la catastrophe. De plus, le système "océan-atmosphère" qui règle le climat du monde peut basculer d'un état à l'autre en moins d'une décennie, et personne ne sait quand le seuil critique sera atteint. De brusques changements de climat devraient se produire dans un futur peu lointain et de nombreuses sociétés seront ainsi dépassées par la nécessité de s'adapter rapidement, ce qui provoquerait un déséquilibre dans les rapports de pouvoir géopolitiques. Début octobre se tenait au ministère de l'Ecologie le colloque international "Défi Climat" pour la France, Facteur 4. Ce colloque international, présidé conjointement par notre ministre de l'Écologie et du Développement durable Nelly Ollin et François Loos, ministre délégué à l'Industrie, a été l'occasion d'échanger et de débattre autour du thème " Horizon 2050 », et sur le "facteur 4" ; le programme qui va tenter de diviser par quatre les émissions de carbone dans l'atmosphère. Il est urgent d'agir face à ce défi. Fabrice Hubert Sources : Planète Urgence, S.Chantalou, E.Eustache, septembre 2006-10-15Plus d'infos : http://paxhumana.info/article.php3?id_article=398 www.ecologie.gouv.fr/article.php3?id_article=6419 - *GIEC : Groupe International d'Etude du Climat
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