
MacCain ou Obama, les électeurs américains n'ont plus que quelques jours pour prendre leur décision. Une élection qui reste incertaine, malgré les sondages, en particulier parce que le suffrage est indirect, les citoyens désignant des grands électeurs. Une élection dont l'issue ne sera pas sans conséquences sur le monde. En particulier sur la place qu'occuperont demain dans le paysage énergétique mondial le pétrole et ses concurrents renouvelables.
Les Etats-Unis ont toujours eu en terme de recherche et développement une longueur d'avance sur le reste du monde. En 2000, la France consacrait
2,2% de son PIB à la recherche et au développement (R&D), les Etats-Unis se situait à
2,7%. 0,5 point qui, rapportée au produit intérieur brut, donne la mesure du
dynamisme de l'innovation outre-atlantique. Et alors que ce chiffre est à la baisse dans l'hexagone, il progresse chaque année au pays de l'Oncle Sam.
Ce dynamisme, renforcé par la proximité entre la recherche et l'entreprise aux Etats-Unis, fait de ce pays
un formidable moteur du progrès technologique. Un moteur qui entraîne derrière lui l'ensemble des pays développés. Une Recherche et un Développement que les deux candidats souhaitent promouvoir, mais avec
deux stratégies différentes. John MacCain propose un
crédit d'impôts sur les investissements en recherche et développement, Barack Obama annonce l'investissement de
150 milliards de dollars au cours des dix prochaines années dans ce secteur, en particulier
dans le développement de la prochaine génération de biocarburants, la promotion des véhicules hybrides et des énergies renouvelables. Obama s'appuie ainsi sur la puissance publique pour orienter sa politique énergétique, McCain cherchant uniquement à stimuler l'activité économique par l'innovation.
En matière énergétique, le candidat républicain a choisit de poursuivre et d'amplifier la prospection pétrolière. Il se prononce en faveur de la reprise des forages offshore au large des côtes américaines, forages interdits depuis 1981 par un moratoire fédéral, et sur lequel Barack Obama ne veut pas revenir. Le démocrate souhaite d'ailleurs mettre en place une taxe exceptionnelle sur les profits des compagnies pétrolières afin de financer une baisse d'impôts en faveur de la classe moyenne.
Relance de l'exploitation pétrolière pour MacCain, mais aussi du programme nucléaire, avec la construction de 45 réacteurs d'ici 2030, pour, à terme, atteindre l'objectif de 100 nouvelles centrales.[1]
Deux politiques qui divergent globalement, influencées par des lobbies différents[2], et deux stratégies différentes. Et un choix qui se fait à un moment clé dans l'histoire de l'humanité,
le pétrole étant résolument une énergie du passé, les énergies renouvelables n'ayant pas encore trouvées les investissements nécessaires à leur développement, et le nucléaire revenant sur le devant de la scène énergétique à la faveur du réchauffement climatique. Et finalement, un point commun,
une incapacité toute américaine à prendre la mesure de l'urgence, face aux évolutions climatiques en cours, et aux conséquences géopolitiques qu'elles ne manqueront pas de générer.
Car comme je vous le disais la semaine dernière, les deux candidats à la Maison Blanche souhaitent réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre de leur pays, mais à l'horizon 2050, soit
au delà de l'équivalent de 10 mandats de président des Etats-Unis d'Amérique. [1] Le nucléaire auquel Obama ne s'oppose d'ailleurs pas. [1] ALors que John McCain est proche des milieux pétroliers, Barack Obama est le Sénateur d'un Etat producteur d'éthanol. Deux lobbies différents et auxquels les candidats ne sont pas indifférents. Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.