
Depuis ce lundi sont réunis à
Cancun au Mexique les
194 parties signataires de la Convention climat de l'ONU dans le cadre de leur conférence annuelle.
L'échec retentissant du
Sommet de Copenhague il y a un an pourrait bien se reproduire, d'autant que la crise mondiale a tendance à crisper les responsables politiques dans une position de repli,
tant vis-à-vis des autres pays que vis-à-vis de perspectives dépassant les échéances électorales. Et pourtant, le dernier bulletin de
l'Organisation météorologique mondiale est très alarmant. Selon ses derniers relevés, les principaux gaz à effet de serre (GES) ont atteints des niveaux records en 2009, une tendance qui ne semble pas prêt de s'infléchir.
Pire, l'objectif de contenir l'augmentation de la température moyenne du globe à 2°C d'ici la fin du siècle semble de plus en plus irréaliste. Depuis le début de l'ère industrielle, la concentration en CO2 atmosphérique a augmenté de
38%, avec ces 10 dernières années une accélération du processus la portant à
1,88% par an.
Côté méthane, la situation n'est guère meilleure. Sur la même période, sa concentration atmosphérique a progressé de
158%. Le méthane, dont l'effet de serre est
20 fois plus puissant que celui du CO2, était resté stable de 1999 à 2006,
mais il progresse de nouveau depuis 2007. Les émissions de ce gaz persistant sont dues principalement à l'élevage de bovins, à la riziculture, à l'exploitation des combustibles fossiles et la mise en décharge des déchets. Mais d'autres sources sont à prendre en compte, indirectement causées par l'activité humaine.
Le méthane est naturellement présent en grande quantité dans les fonds marins arctiques et dans le permafrost sibérien, où il était jusqu'alors contenu par la basse température et la pression élevée à ces profondeurs et l'état gelé de la croûte terrestre dans ces régions glacées.
Mais depuis quelques années les scientifiques observent des dégazages de plus en plus importants, sous forme de colonnes de bulles remontant du fond de la mer ou dans les flaques formées par le dégel du permafrost. Un dégazage qui représente un facteur d'emballement du réchauffement climatique, qui deviendrait alors incontrôlable.
De façon générale, le dérèglement climatique associé au réchauffement global interagit avec de nombreux équilibres physiques et biologiques, comme le bilan photosynthèse / respiration des forêts de l'hémisphère nord, l'absorption du CO2 par les océans et leur acidification, ou encore les courants océaniques et leurs influences sur la météorologie locale, et le rôle vraisemblable de l'augmentation du niveau des mers sur l'activité volcanique et sismique.
Les premiers signes probants sont clairement apparus dans les régions à fort contraste climatique, comme les zones à faibles ou à fortes pluviométries.
Mais les régions plus tempérées ne seront pas épargnées par ces changements, et des phénomènes extrêmes comme des hivers plus rigoureux, de fortes inondations et des canicules estivales pourraient voir leur fréquence augmenter en Europe. L'augmentation ces dernières années de l'intérêt des médias pour les questions écologiques est un premier pas vers la prise de conscience des enjeux majeurs qui se jouent aujourd'hui. Mais le message est brouillé à la fois par la multitude d'informations déversées et par l'avènement d'une mode « nature » soigneusement élaborée par les publicitaires.
Difficile alors de s'y retrouver et de faire la part du vrai et de l'intox, de l'urgent et du secondaire,
surtout lorsque d'autres priorités plus immédiates et quotidiennes nous arrachent aux questions éthiques que l'on commence à se poser. Photo : empreinte © Copyright Olivier FRIGOUT - Tous droits réservés
Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.