
Dès que l'on évoque la capitale de l'Alsace, c'est, à juste titre, l'image admirable de la cathédrale Notre-Dame qui apparaît : «
Voir peu à peu dans le brouillard se découvrir et se dresser l'Ange de Strasbourg en fleur, rose comme une fille d'Alsace » écrivit Paul Claudel avec beaucoup de poésie.
Compagnons du Travail, francs-maçons (devenus spéculatifs, bien entendu), artisans, amateurs de belle ouvrage…, font souvent de leur visite au Musée de l'Œuvre Notre-Dame (situé au pied de la cathédrale) une sorte de «
pèlerinage » ou retour aux sources, celui, principalement, à la salle 5, celle de la Loge des Tailleurs de pierre.
Créé à partir de 1931, le musée évoque l'évolution des arts à Strasbourg et dans des régions rhénanes entre le XIe et le XVIIe siècle. Il est installé dans de magnifiques bâtiments gothiques, Renaissance et du XVIIe siècle.
La fameuse salle 5 fut au XIIIe siècle le siège de l'administration du chantier de la cathédrale et elle est donc la plus ancienne Loge de Tailleurs de pierre puisqu'elle date exactement de 1206.
Si j'évoque ce musée, c'est parce qu'il offre l'immense privilège de contempler de près certaines œuvres originales de la cathédrale, alors que, parfois, elles étaient hautement perchées (tout comme leurs doubles) et souvent inaccessibles à un regard affiné. Ainsi, l'avenant «
Tentateur » exposé au musée laisse bien voir les serpents et crapauds qui grouillent dans son dos, personnifiant ainsi le Diable qui courtise les Vierges folles situées à ses côtés, qui sont de jeunes filles naïves.
Il se dit que le courant d'air que l'on ressent sur le parvis de la cathédrale est celui du souffle du Diable, furieux d'être prisonnier au portail latéral sud-ouest.
Pierre Guelff, auteur de « France mystérieuse, insolite et sacrée », deux tomes, Groupe des Editions Jourdan-L'Arbre.
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.