Nous sommes en Suisse, dans le canton des Grisons. En 1999, se tient sous l'égide des Nations Unies, le Forum économique mondial de Davos. Le congrès réunit les mille plus grandes entreprises du monde, (Microsoft, Nestlé, Nokia, Lafarge…) Le Secrétaire général de l'ONU, Koffi Anan décide de proposer aux membres de l'assemblée et à ses convives, le lancement d'un vaste projet de partenariat entre les services de l'ONU, et les directions de grands groupes privés. |
Le "Pacte global" est né. L'idée est simple. Demander aux plus grandes entreprises du monde de s'engager pour que, à l'heure de la mondialisation, elles n'oublient pas d'agir en faveur du développement durable. Le projet retient alors neufs principes fondamentaux. La protection de l'environnement et de la nature bien sûr, mais aussi et surtout, bon nombre d'actions en faveur du progrès social. En 2004, un dixième grand principe a été ajoutée à la liste : la lutte contre la corruption. Les ONG sont de la partie. Ainsi, les entreprises s'engagent à ne pas oublier le respect des droits de l'homme et du travail, la lutte contre les discriminations, les principes d'éthique, (réduction de la pauvreté, aide aux pays en voie de développement…) En s'engageant de façon peu contraignante et sur la durée, les compagnies issues de domaines d'activité variés, (industrie, banque, télécommunication, médias), pourront en contre partie communiquer officiellement sur les bases du principe de développement durable. Pour ce faire, elles pourront faire usage du logo de l'ONU dans leurs publications. Elles auront aussi accès à certaines banques de données concernant leurs marchés, à un réseau d'interlocuteurs pour partager les expériences, et à des analyses de spécialistes. Une mine d'or dont dispose les Nations Unies. Il reste difficile d'évaluer avec précision l'efficacité des actions mises en place à ce jour par les groupes ayant pris part au projet. En effet, il n'existe pas réellement d'organisme de contrôle chargé de surveillé le bon respect des engagements, et, le cas échéant d'effectuer des rappels à l'ordre. |
Chaque année en revanche, les signataires sont soumis à un rapport dressant la liste des moyens mis en place au sein de leur groupe en faveur du développement durable. Un rapport d'activité qui trouve ensuite sa place sur le site internet du "Pacte". Il en va donc de la conscience de chacun. Notons que ce sont les entreprises françaises qui, à en croire leur nombre d'adhérents, semblent être les plus impliquées dans le processus, (devant la Pologne, et loin devant la Grande Bretagne ou l'Allemagne). Mais le chemin est encore long, surtout lorsque l'on sait qu'en 2002* déjà, les investissements des grands groupes à travers le monde dépassaient les 700 milliards de dollars par an, quand, dans le même temps, l'aide au développement atteignait péniblement 60 milliards. Il reste à espérer que des initiatives comme le Pacte Global puissent peu à peu réduire ces écarts. Fabrice Hubert *Source : OCDE 2002 Plus d'infos : www.hcci.gouv.fr www.monde-diplomatique.fr www.unglobalcompact.org Une des sources En savoir plus... Site officiel fabrice, pour la Rédaction. |