D'ici quelques années, la série de films « Les dents de la mer », nous fera peut-être penser à ces films d'aventure où le héros côtoie des espèces disparues, généralement des dinosaures. Au rythme où vont les choses, il n'est pas certain que les grands requins prédateurs survivent très longtemps dans les profondeurs des océans car, dans une certaine indifférence médiatique, les grands squales sont victimes d'un véritable massacre à l'échelle industrielle. |
On estime que ce sont environ 100 millions de grands requins qui sont exterminés chaque année. Un chiffre très impressionant, mais qui est sans doute en deça de la réalité, puisqu'il correspondait à la situation des années 80. Depuis, les choses n'ont pas évolué favorablement, bien au contraire. Peau bleue, requin tigre, requin blanc ou bouledogue, aucun n'échappe à la curée. Le pire, c'est que dans la plupart des cas, ces requins ne sont pêchés que pour leurs ailerons. Considérée comme un met fin dans toute l'Asie, cette précieuse marchandise est prélevée sur la bête à peine celle-ci sortie de l'eau, le corps du squale, souvent encore vivant, étant ensuite rejeté purement et simplement à la mer. A titre de comparaison, c'est un peu comme si vous mettiez votre poulet à la poubelle après avoir prélevé les sot-l'y-laisse considérés comme le meilleur morceau du volatile. Cette chasse aux ailerons, appelée shark finning, est un véritable scandale. Le problème, c'est que les requins n'ont pas franchement bonne réputation. Comme les serpents, crocodiles ou autres insectes venimeux, ils sont victimes de la peur qu'ils inspirent à des populations mal informées. « Les dents de la mer » n'ont rien fait pour arranger les choses en présentant une sorte de requin psychopate mangeur d'hommes. Une image bien loin de la réalité, les requins n'ayant guère de goût pour la chair humaine. Chaque année, on recense moinsd'une douzaine d'attaques mortelles et celles-ci sont en réalité des erreurs d'appréciation, les squales ayant confondu la silhouette humaine avec celle d'un phoque ou d'une tortue de mer dont ils aiment à faire bombance. Les requins ne sont donc pas là pour vous dévorer à la première occasion et vous pouvez vous baigner l'esprit tranquille, à part peut-être dans quelques régions du globe, notamment en Afrique du Sud, où leur présence massive peut poser des problèmes de cohabitation. |

Mais s'ils ne veulent pas se faire un petit casse croûte sous forme de chair humaine, les grands squales n'en ont pas moins un appétit conséquent, d'où leur utilité pour l'équilibre de la biodiversité marine. On a ainsi constaté, dans certaines régions du globe, que la disparition progressive de ces prédateur aboutissait à la raréfaction des crustacés. Les requins n'étant plus là pour dévorer les poissons se nourrissant d'écrevisses ou de homards, pour ne citer que ces espèces, ils prolifèrent et font des ravages parmi les populations de leurs proies naturelles. A l'instar des grands fauves, ou des loups, les requins sont totalement indispensables et leur disparition aurait des conséquences dramatiques sur l'écosystème marin. Il est donc urgent de se mobiliser pour éviter un scénario catastrophe aux conséquences brutales. Une mobilisation qui peut prendre la forme de pétitions, plusieurs étant disponibles sur internet. A vous également de ne pas favoriser ce gigantesque massacre en ne consommant pas d'ailerons de requins, sachant que ce met se retrouve notamment très fréquemment dans la composition des célèbres fish and chips anglo-saxons. vincent, pour la Rédaction. |