Ceux d'entre-vous qui ont eu la chance de partir en vacances sont peut-être allé au bord de la mer, et peut-être même en mer, à l'occasion d'une sortie en bateau. Les plus chanceux d'entre eux auront pu admirer la course des dauphins qui aiment jouer à la proue des navires, montrant leurs qualités de nageurs, que bien des champions olympiques envient. |
Mais les dauphins ne font pas toujours la course avec les bateaux, et lorsque qu'ils ont fini de chasser, ils dorment comme vous et moi. Pas tout à fait comme vous et moi car bien évidemment, il leur a fallu trouver une solution pour trouver le sommeil sans se noyer ou risquer d'être victime d'un prédateur. Pire, la respiration du dauphin, contrairement à celle de l'humain, est réfléchie. Si le dauphin oublie de respirer, il s'asphyxie. Alors que nous respirons sans y penser, les cétacés respirent volontairement, même lorsqu'ils sont à la surface de façon prolongée. Dans ces conditions, il leur fallait une adaptation particulière, que les chercheurs ont trouvée en observant des dauphins vivants en captivité. La réponse est venue de la morphologie si particulière du cerveau des mammifères, qui est constitué de 2 hémisphères. Le sommeil étant indispensable, le dauphin alterne, dormant de l'hémisphère gauche, puis du droit, celui restant en éveil assurant les fonctions vitales que sont la respiration, la position du corps par rapport à la surface, et la surveillance des alentours. Un sommeil que les scientifiques ont appelé uni-hémisphérique, et durant lequel le métabolisme du cétacé ralentit, conduisant l'animal à un état quasi-inerte. |

Ainsi, il dérive au fil des vagues, un œil ouvert et une nageoire hors de l'eau, pendant une phase de sommeil qui dure environ quelques minutes à 2 heures, une activité qui l'occupe au total 8 heures par jours. Il le fait bien souvent en groupe, un ou deux congénères assurant une vigilance supplémentaire en ne dormant pas. Mais la surprise ne s'arrête pas là. Car contrairement aux adultes, les jeunes dauphins ne dorment jamais pendant leurs premières semaines de vie, obligeant leur mère à l'insomnie. Une découverte qui interroge sur le rôle exact du sommeil dans le développement des mammifères. Et comme chez nos propres enfants, le rythme du sommeil mettra plusieurs mois à s'installer. Et un autre mystère reste à éclaircir. Il concerne la capacité des dauphins à rêver. Car le sommeil paradoxal comme nous le vivons n'a jamais été observé chez les cétacés, ce qui ne prouve pas l'absence de rêves. Il nous restent donc encore beaucoup à apprendre sur cette espèce qui, rappelons-le, est menacée à bien des endroits sur la planète, et qui nous est pourtant, si familière.
olivier, pour la Rédaction. |