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ELECTIONS AMERICAINES : Une guerre de l'eau en Californie !...

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Chronique du 31-10-2008

Par Philippe BOURY
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LA CHRONIQUE
Dans quelques jours, les américains vont choisir celui qui aura en main leur destinée pour les 4 ans à venir. Et dans leur choix, qui influencera tout de même aussi, d'une manière ou d'une autre, le reste de la planète, le volet écologique est un facteur non négligeable.
Certes, la crise financière et économique actuelle reste prépondérante dans les débats entre Obama et Mc Cain… Et la sécurité intérieure, la situation sociale ou la place du religieux vont plus guider le vote des 300 millions d'américains, que l'urgence environnementale. Mais tout doucement, la prise de conscience d'un nécessaire changement de comportement face au réchauffement climatique est en train de s'effectuer outre atlantique… Si Mc Cain et Obama, se rejoignent sur la nécessité d'intervenir plus franchement en faveur de l'avenir de la planète, leurs positions divergent quant aux moyens à mettre en œuvre.

L'eau, quant à elle, n'est pas à proprement parler un sujet vital lorsque l'on parcourt les programmes des deux prétendants au trône suprême… Bien public ou produit marchand, la réflexion entre ces deux visions de la ressource première n'est pas aussi engagée que sur le vieux continent.

Pourtant, c'est en Californie, état républicain, qu'une petite guerre de l'eau s'est engagée il y a quelques années entre les habitants d'une petite ville du nord de l'état et un géant mondial de l'exploitation de l'eau : Nestlé. Et c'est le journal « Le Monde » qui s'est fait l'écho de cette histoire il y a quelques semaines.
Le conflit a démarré en 2003 lorsque les habitants de la ville de McCloud apprennent que la multinationale suisse a signé avec le conseil de district, autrement dit les élus locaux, une convention invraisemblable. Pour une durée de 100 ans, Nestlé avait obtenu d'exploiter de façon exclusive la source locale et d'y pomper jusqu'à 4700 litres par minutes pour alimenter une usine d'embouteillage d'eau de source. Le tout pour un prix dérisoire.
Dans son projet, Nestlé promettait de créer 240 emplois sur le site d'une ancienne usine à bois désaffectée. Des emplois, des taxes et une redevance qui, selon la société, devait apporter un bol d'air économique à la vallée.

Mais les habitants de McCloud ne l'on pas entendu de cette oreille. Réunis en association, les opposants au projet ont fait valoir que l'exploitation des sources locales allait entrainer un déséquilibre écologique. Pomper une telle masse d'eau, notamment en période de grande sécheresse, risquait de faire baisser le niveau des lacs et des rivières, et de mettre à mal les nappes phréatiques et l'écosystème de la vallée.
Qu'ils soient républicains ou démocrates, ces néo-militants écologistes ont mis en avant d'autres nuisances. Les rotations de semi-remorques dans la vallée vont amener des pollutions supplémentaires ; de même, la fabrication et l'élimination des bouteilles en plastique représentent une source de gaspillage non négligeable dans une bourgade qui boit de l'eau de source directement au robinet…
A l'opposé de cette fronde écologiste, des partisans de Nestlé ont relevé l'avantage d'un tel projet industriel : un emploi stable et bien rémunéré à proximité du domicile.

Le conflit s'est depuis déplacé sur le terrain politique avec les militants démocrates locaux pour qui la problématique reste la marchandisation de l'eau. Elément nécessaire à la vie, elle doit restée dans le domaine public.
Face à cette opposition imprévue dans ses plans, Nestlé, qui détient tout de même le tiers du marché de l'eau en bouteille des Etats-Unis, a annulé cet été le contrat qui la liait à la commune pour reprendre les négociations.

Cet épisode californien n'est pas la seule affaire mettant face à face la multinationale et les associations locales. Au Wisconsin, dans le Michigan ou dans le Maine, des conflits similaires ont eu lieu. Ailleurs, ce sont d'autres entreprises concurrentes de Nestlé qui ont eu aussi maille à partir avec les revendications écologistes.
Petit à petit la bataille de l'eau s'est déplacée du coté des consommateurs, qui commencent, tout doucement, à se tourner vers l'eau du robinet, incités par les écologistes et les militants de la gauche alternative.

L'enjeu de l'eau glisse donc peu à peu sur le terrain politique national. Des débats autour de la privatisation de l'eau ont même eu lieu au sein d'une commission de la chambre des représentants.
Une réflexion que le futur président des Etats-Unis devra peut-être reprendre à son compte.


Source : Le Monde

L’article du Monde
Le McCloud watershed council, l’association « anti-Nestlé »

                Philippe BOURY, pour la Rédaction.



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