S'ils le faisaient, ils devraient dire :
- que ces mesures sont faites sur le lait maternel parce que c'est un fluide
corporel riche en graisses et facile à analyser, et que leur but est d'
évaluer la contamination de la population dans son ensemble ;
- que depuis plusieurs années, les niveaux de résidus chimiques dans le lait
maternel baissent dans les pays qui ont pris des mesures pour diminuer la
contamination de l'environnement ;
- et surtout que toutes les études sur le sujet montrent que si l'exposition
aux polluants in utero peut avoir des conséquences dommageables pour l'
enfant à naître, l'allaitement atténue ces conséquences, et que ses
avantages pour le développement neurologique de l'enfant contrebalancent
largement l'éventuel impact négatif que pourrait avoir la présence de
polluants dans le lait maternel.
Par exemple, dans une population pourtant exposée à un taux élevé d'
organochlorés, les scores des enfants étaient d'autant meilleurs que l'
allaitement avait été long[1].
Une autre étude[2] a conclu que si l'exposition au PCBs
(polychlorobiphényles) pendant la grossesse a un impact négatif sur le
développement du système nerveux central (constaté au niveau de certaines
composantes du potentiel auditif), cet impact est compensé en cas d'
allaitement, et ce en dépit de la poursuite d'une exposition éventuellement
élevée aux PCBs : les enfants exposés aux PCBs qui avaient été allaités
moins de 16 semaines ou qui n'avaient pas été allaités avaient de moins bons
résultats aux tests auditifs que ceux qui avaient été allaités au moins
seize semaines.
[1] Ribas-Fitó N et al, Breastfeeding, exposure to organochloride compounds,
and neurodevelopment in infants, Pediatrics 2003 ; 111 : e580-85.