C'est à l'occasion d'une récente publication dans la revue scientifique Nature d'une étude française sur le rôle de l'évaporation dans l'atlantique tropical sur le climat, que le courant chaud qui remonte depuis le golfe du Mexique vers l'Atlantique Nord, le Gulf Stream, refait surface dans l'actualité climatique. |
L'équipe du CEREGE (CNRS, Université d'Aix-Marseille III et Collège de France) a montré qu'il existe bel et bien un lien étroit entre l'hydrologie tropicale et la circulation océanique de l'Atlantique nord . Ils ont ainsi montré, en étudiant des échantillons de sédiments prélevés de part et d'autre de l'isthme de Panama, que les périodes froides de Heinrich correspondent à des augmentations de salinité dans la zone Est Pacifique, synonyme d'une réduction du transfert de vapeur d'eau . L'évaporation de l'atlantique au niveau du golfe du Mexique, et qui concernerait l'équivalent de plusieurs centaines de milliers de mètres cube par seconde, est transportée par les Alizés vers le Pacifique Oriental où elle retombe en pluies. Mais le réchauffement climatique repousserait vers le sud les Alizés qui buteraient alors sur la Cordières des Andes. Ainsi, le système de Mousson se déplacerait vers le sud. |
Les pluies en seraient augmentées en zone équatoriale au détriment de la zone tropicale. Un changement du régime des pluies provoquant une augmentation du débit d'eau douce à l'embouchure de l'Amazone, retournant ainsi à l'Atlantique, diminuant la salinité de ses eaux de surface, et ralentissant d'autant le Gulf Stream. Cette étude ajoute un facteur supplémentaire à la déjà très complexe modélisation de la machinerie climatique, apportant un élément supplémentaire à la compréhension des ralentissements du Gulf Stream observés en paléoclimatologie. Il reste cependant l'une des données les plus controversées de l'avenir immédiat du climat en Europe occidentale . Photo : © Olivier FRIGOUT Source : CNRS olivier, pour la Rédaction.la rédaction |