La sécheresse est là, et elle est bien là. Alors que nous ne sommes qu'à la moitié de l'été, et que la canicule a fait ses premières victimes, (plus d'une soixantaine de décès par déshydratation ou hyperthermie), une cinquantaine de départements en France ont déjà pris des mesures restrictives afin de limiter l'usage de l'eau, (interdiction de laver les voitures et d'arroser les jardins privés…) Pour avoir une idée, à la même période en 2003, (année de canicule), la situation était moins critique. |
"L'indice de sécheresse est déjà plus important que l'an dernier", confirme le ministère de l'Ecologie, qui par ailleurs qualifie la situation "d'extrêmement préoccupante". Et il n'est pas exclu que le bilan s'alourdisse dans les semaines à venir. La flore souffre. Il y a les cultures bien sûr (maïs, blé…), qui ne parviennent plus à se contenter de l'arrosage massif autorisé aux professionnels, (ce qui devrait cette année provoquer des récoltes anticipées et bien moins productives), les éleveurs s'inquiètent pour leur bétail, mais aussi et surtout, l'eau s'évapore quasi instantanément lorsqu'elle touche le sol, ce qui ne permet plus aux arbres de se développer normalement. Quant aux cours d'eau, certains d'entre eux sont descendus à des niveaux que l'on observait jusqu'à présent que tous les vingt ans. C'est ce que les spécialistes appellent le "stress hydrique". Un stress que connaissent les arbres depuis les années 1976. Principale conséquence, les arbres produisent tout simplement moins de bois que par le passé, mais plus grave encore, ils ne peuvent plus assurer leur fonction première qui est celle d'absorber le gaz carbonique. Il n'est pas rare de voir en plein été des arbres, (les bouleaux par exemple), perdre leurs feuilles bien avant l'heure. "C'est aujourd'hui la survie des arbres qui est en cause", crient haut et fort les chercheurs de l'INRA* et l'ONF*. Alors, si nous ne changeons pas nos modes de vies pour limiter le réchauffement de la terre, sommes nous prêt à imaginer dans les années qui viennent la disparition des espèces d'arbres qui parsèment depuis notre enfance le territoire français ? Voudrions nous vivre dans un pays qui, s'il veut encore avoir des arbres, devra se contenter de planter des palmiers ou des cactus, très peu exigeants en matière d'eau ? Fabrice Hubert * INRA : Institut National de la Recherche Agronomique * ONF : Office National des Forêts Source : Le Figaro, 15 juillet 2006, Claude Marie Vadrot www.actu.orange.fr, 26 juillet 2006
|
fred, pour la Rédaction.la rédaction |