Ces derniers mois, les biocarburants ont fait une entrée fracassante sur le devant de la scène médiatique. Les différents salons de l'automobile sont notamment devenus de véritables vitrines pour ces carburants moins polluants. En France, c'est le Diester, également appelé biogazole au niveau européen, qui se taille la part du lion, l'essentiel de la production étant réalisée par la structure Proléa, qui regroupe différents acteurs de la filière agricole française des huiles et protéines végétales et notamment 150 000 producteurs. Travaillant principalement à partir de graines de colza et de tournesol, la société Diester Industrie (qui fait partie intégrante de Proléa) compte six usines, produit déjà 700 000 tonnes de Diester et devrait arriver à un chiffre de 2 millions de tonnes (avec 9 usines) d'ici 2008, et ce pour répondre un plan biocarburant mis en place par le gouvernement. |
Revendu aux pétroliers et principalement à Total, ce carburant issu de la filière agricole est ensuite mélangé au gazole traditionnel. Ainsi, vous ne le savez peut-être pas, mais si vous utilisez un véhicule Diesel, vous roulez certainement déjà avec du biocarburant, un certain pourcentage de Diester étant incorporé au gazole traditionnel. Un pourcentage qui ne peut excéder 5% pour les véhicules des particuliers, ceci à répondant à une norme européenne fixée avec l'accord des constructeurs automobiles. Certains parcs de véhicules (flottes captives), roulent avec un gazole composé de 30% de Diester, mais il faut savoir que cela implique quelques contraintes, notamment une surveillance accrue de certaines pièces du moteur, ce carburant étant plus détergent que le diesel traditionnel. C'est pourquoi les constructeurs n'autorisent, pour l'heure, que les flottes captives (collectivités territoriales, entreprises) à l'utiliser, après avoir signé une charte de partenariat concernant l'entretien des véhicules. Dans l'avenir, les normes européennes, édictées en accord avec les constructeurs automobiles, devraient évoluer et peut-être monter jusqu'à un taux de 10%. Si ces chiffres paraissent faibles, ils n'en constituent pas moins un réel progrès, notamment dans le cadre des émissions de gaz à effet de serre. Une tonne de Diester représente en effet 2,5 tonnes de rejet de CO2 en moins dans l'atmosphère. Un résultat non négligeable et d'autant plus intéressant que pour produire trois tonnes de biogazole il faut compter une tonne de pétrole, ce qui représente un bilan énergétique satisfaisant à défaut d‘être parfait. L'autre grand bénéfice de la fabrication et de l'utilisation de biogazole est de venir en aide à un monde agricole en crise. Il faut en effet planter des surfaces très importantes d'oléagineux pour faire face à une demande qui va augmenter considérablement dans les années à venir. Les agriculteurs trouvent ainsi un débouché à long terme pour leurs cultures, ce qui permettra à certaines zones rurales de maintenir, voire d'accroître, leur activité. Mais si le monde agricole trouve des débouchés à sa production par le biais des biocarburants, les chiffres impressionnants concernant les surfaces à cultiver montrent également les limites du Diester. |

S'il est en effet envisageable de faire circuler des véhicules utilisant 100% de biogazole, l'expérience ayant notamment été menée avec succès en Allemagne, il est impossible d'assurer une production suffisante, les surfaces cultivables n'étant pas extensives. Il en va de même pour le bioéthanol, fabriqué notamment à partir de betteraves, la production de ce type de carburant étant d'ores et déjà quatre fois moins importante que celle de Diester. Certains pays ne souffrent pas des mêmes contraintes, notamment le Brésil qui peut s'appuyer sur d'immenses champs de canne à sucre pour produire le bioéthanol nécessaire à son parc automobile. Mais là encore les écologistes doivent se montrer vigilants, cette production ne devant pas se faire au détriment d'une forêt amazonienne déjà largement menacée. E,n conclusion, et malgré ces avancées technologiques, une chose est sûre, c'est que le biocarburant n'est pas une recette miracle capable de résoudre tous nos problèmes de pollution. L'utilisation de ces matières permet de réduire quelque peu nos émissions de gaz à effet de serre et de maintenir un monde agricole dynamique, mais c'est bien en utilisant un minimum sa voiture et en développant les transports en commun, le ferroutage ou le covoiturage que l'on pourra réellement obtenir des résultats probants en ce qui concerne la diminution des émissions de gaz à effet de serre. En attendant, peut-être, le développement de nouvelles technologies encore expérimentales, comme par exemple les moteurs à hydrogène . Les reportages : Enregistrer  Ecouter : vincent, pour la Rédaction.la rédaction |