L'aviation sri-lankaise a pilonné mardi des positions des rebelles tamouls dans le cadre d'une offensive pour reprendre le contrôle d'une écluse qui permet de ravitailler en eau quelque 50.000 personnes. Voici le point sur cinq conflits autour de l'eau qui, selon des analystes, représentent une véritable menace pour la paix à travers le monde. INDE ET PAKISTAN - Les six fleuves de la vallée de l'Indus s'écoulent du Tibet vers l'Inde et le Pakistan, via les montagnes et les vallées du Cachemire, une province disputée entre l'Inde et le Pakistan. |
- Le Pakistan a récemment accusé l'Inde de violer le Traité de l'eau de l'Indus de 1960 qui donnait au sous-continent le contrôle des trois fleuves orientaux - Ravi, Beas et Sutlej - et au Pakistan celui des trois fleuves occidentaux - Indus, Jhelum et Chenab. - Juin 2006: La tension monte au sujet du barrage de Wullar que l'Inde veut construire sur le Jhelum. Le Pakistan accuse l'Inde de vouloir se servir de ce barrage pour contrôler le débit du fleuve mais l'Inde réplique que cet ouvrage est nécessaire pour améliorer le trafic fluvial. INDE ET BANGLADESH - Le Brahmapoutre, un affluent du Gange, et une cinquantaine d'autres fleuves s'écoulant de l'Inde au Bangladesh, provoquent des inondations chroniques qui causent la mort ou l'exode de plusieurs milliers de Bangladais. - Le Bangladesh affirme que le barrage indien de Farakka dévie le cours du Gange sans que Dacca ait donné son accord. ISRAEL, JORDANIE, LIBAN ET TERRITOIRES PALESTINIENS - Israël, les territoires palestiniens et la Jordanie comptent tous sur le Jourdain, qui est alimenté en eau par trois rivières à la frontière entre la Syrie et le Liban. - Les débats concernant le détournement des eaux du Jourdain ont déjà dégénéré en conflit. L'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon a affirmé que la guerre israélo-arabe de 1967 avait éclaté quand la Syrie avait voulu détourner le cours d'eau. En 2002, il a redit que ce dossier présentait un risque potentiel de guerre. - Le contrôle par Israël de l'approvisionnement en eau de la Cisjordanie et de la bande de Gaza pose également des problèmes. - Israël accuse les Palestiniens de voler de l'eau de ses conduites et d'avoir foré des milliers de puits illégaux. Les Palestiniens accusent de leur côté Israël de se servir dans ses réserves d'eau souterraines avec des pompes très élaborées. |

EGYPTE, SOUDAN ET ETHIOPIE - Le Nil, le plus long fleuve du monde, est la principale ressource en eau pour neuf pays: l'Egypte, le Soudan, l'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi et le Congo. - L'Accord sur les eaux du Nil, signé en 1929 entre l'Egypte et le Soudan pour répartir l'utilisation de l'eau, est aujourd'hui contesté. - L'Ethiopie, dont près de 80% de l'eau disponible viennent du Nil, a déclaré l'année dernière en vouloir davantage. Pour l'Egypte, une telle exigence revient à une "déclaration de guerre. Addis-Abeba a accusé l'Egypte de bloquer les fonds internationaux destinés à financer des projets d'irrigation. TURQUIE, SYRIE ET IRAK - La Turquie, la Syrie et l'Irak possèdent tous des barrages sur l'Euphrate et ses affluents et ne sont pas d'accord sur la part de l'eau revenant aux uns et aux autres. - La Turquie, d'où viennent les deux affluents majeurs de l'Euphrate, affirme contribuer à hauteur de 90% à la quantité d'eau du fleuve. - La Syrie accuse la Turquie de la priver de sa seule source fiable d'eau avec son Projet de l'Anatolie du Sud-Est (GAP) qui consiste à implanter 22 barrages et 19 centrales électriques le long de l'Euphrate. - L'Irak redoute que toute l'eau du fleuve soit épuisée avant d'avoir d'atteint son territoire et a reproché à la Syrie la construction en 1978 le barrage Assad sur l'Euphrate. - En 1990, la Turquie a interrompu l'écoulement de l'eau vers la Syrie et l'Irak, expliquant qu'il lui fallait tester le fonctionnement du plus grand barrage du projet GAP. L'eau a été débloquée au bout de trois semaines. Source : Reuters fred, pour la Rédaction.la rédaction |