Le ministre délégué à l'Industrie François Loos a donné jeudi son feu vert à l'utilisation expérimentale en France d'un nouveau carburant vert d'origine agricole, le bio-éthanol E-85 (85% d'éthanol, 15% d'essence), une étape sur la longue route de l'après-pétrole. L'E-85 "permettra de consommer dans un plein 85% d'éthanol, c'est-à-dire 85% de bio-carburant. |
Cela permettra d'économiser des gaz à effet de serre", a déclaré M. Loos lors de son intervention à Châlons-en-Champagne, site-pilote de l'expérience nationale du nouveau carburant. Les éthanols sont issus de la betterave à sucre, du blé, du maïs ou de la canne à sucre. Jusqu'à présent, seul 5% d'éthanol sont permis dans les bio-carburants déjà disponibles dans les stations-service et qui ne représentent qu'une part négligeable du marché. "Nous aurons toujours besoin de pétrole. Mais nous en réduisons la quantité, le coût et l'émission de gaz à effet de serre", a affirmé M. Loos en faisant un plein d'E-85 lors d'un arrêt à une pompe expérimentale, au prix symbolique d'un euro par litre. A sa descente d'avion en provenance de Paris, le ministre s'est assis au volant de l'une des sept premières voitures -des Ford- du conseil général de la Marne qui rouleront à l'E-85 pendant un an. Pour développer l'E-85, les constructeurs devront fabriquer un nombre significatif de véhicules avec un moteur "flex fuel" (qui permet le mélange essence/biocarburant). Le constructeur Renault semble intéressé par l'E-85. En revanche, pour le PDG de PSA (Peugeot-Citroën), Jean-Martin Folz, "la solution E-85 est franchement stupide", avait-t-il déclaré le 24 mai. "Commençons par porter la part d'éthanol dans l'essence autour de 10%, ce qui ne nécessite pas des changements de moteur ni de coûts additionnels, et on verra après", avait ajouté M. Folz devant l'assemblée générale des actionnaires. Des pompes spécifiques seront également nécessaires pour distribuer l'E-85, comme celles qui existent déjà pour les biocarburants à 5% d'éthanol. |

"Nous sommes absolument prêts" car "c'est nous qui mélangeons l'E-85 et le fournissons", a assuré Michel-Edouard Leclerc, le co-président des centres Leclerc, présent à Châlons. "Tant que l'horizon n'est pas clair sur le prix de ce carburant, les constructeurs ne vont pas s'y mettre massivement", a-t-il toutefois estimé, avant d'ajouter: "On verra si dans la loi de finances en novembre le gouvernement transforme cette expérience en une ligne fiscale claire". A Châlons, le ministre a évoqué la construction de "seize usines pour la production du diester (biocarburant pour le diesel) et d'éthanol (biocarburant pour essence). Ces 16 usines représentent deux milliards d'investissement". M. Loos a rappelé que le gouvernement envisageait de porter la part des biocarburants dans la consommation totale d'essence et de diesel à 7% en 2010 et 10% en 2015. Un objectif ambitieux puisque les carburants verts ne représentent qu'environ 1% de la consommation totale en France, estimait en 2005 Prolea, la filière française des huiles et protéines végétales.
info biocarburants fred, pour la Rédaction.la rédaction |