Mais, pour sa nouvelle expédition, il a choisi la voie des airs : avec son Pole Airship, un dirigeable, il avait pour objectif de mesurer, en avril 2007, l'épaisseur de la glace autour du pôle Nord. Pour en savoir plus je vous conseille d'aller jeter un oeil sur le site passionnant de
Jean Louis Etienne .
Cette mission a inspiré à notre amie écrivaine Simone Arèse un texte dont elle a le secret et je ne résiste pas au plaisir de vous le faire découvrir :
HALLUCINATION ? On lui avait bien dit que dans ce grand froid du pôle il lui arriverait peut-être d'avoir des hallucinations, comme l'équivalent des mirages au désert. Et il savait que l'Homme n'est pas fait pour vivre dans ces températures extrêmes. Pourtant il était parti, seul, avec ses chiens tirant deux traîneaux, l'un pour lui, l'autre pour le matériel scientifique.
Il était parti sans crainte, à la fois parce que cette expédition avait été minutieusement préparée, et parce que le but qu'il s'était fixé lui rendait négligeables les difficultés et les souffrances qu'il pourrait endurer. Il n'était qu'un homme, parmi des milliards d'autres, et sa survie lui semblait négligeable, pourvu qu'avant sa disparition il ait mené à bien sa mission, qui était de déterminer quelle était encore l'épaisseur de la banquise, et en combien d'années elle achèverait de fondre.
Il espérait bien, d'ailleurs, qu'elle ne disparaîtrait pas comme c'était hélas devenu prévisible. Il espérait que les autres hommes, finalement, prendraient conscience de la nécessité de sauver cette si belle planète, si variée, qu'ils étaient en train de détruire.
Donc, il avait eu froid, faim, avait souffert de solitude malgré ses chiens, mais il avait continué. Il ne savait même plus la date du jour, à peine l'heure car la nuit ne venait jamais en ce point extrême. Quasiment il ne pensait plus, il agissait en automate.
C'est dans ce vide de son esprit que l'hallucination avait fait son nid. Dans ce vide une voix parlait. Une voix totalement inconnue, qui l'appelait par son prénom : Jean-Louis. Cette voix répétait ce seul mot, comme attendant une réponse. Et Jean-Louis ne voulait pas répondre car, sa pensée remise en service, il songeait que répondre c'était consentir à devenir fou. Mais la voix le poursuivit même dans ce moment d'inaction qu'il devait, chaque jour, consacrer à son sommeil. JEAN-LOUIS, JEAN-LOUIS. Il se boucha les oreilles, ce qui ne servit pas à éteindre la voix. Et il finit par répondre, agacé :
- Oui, c'est moi, Jean-Louis. Qui es-tu ? Que me veux-tu ?
La voix reprit, un peu plus bas :
- Tu ne vas pas me croire.