Pollution, circulation urbaine, coût énergétique, comportements au volant, l'usage de l'automobile par les français est au cœur d'un certain nombre de questions sociétales. La campagne électorale est l'occasion pour les candidats de tracer quelques pistes. Symbole de liberté individuelle, parfois du machisme, la voiture reste le meilleur moyen de transport en terme d'efficacité sur l'ensemble du territoire. |
Mais l'utilisation de carburants d'origine fossile, la pollution urbaine engendrée, l'incompatibilité de ce mode de transport avec la vie citadine dans les grandes agglomérations imposent de remettre à plat l'ensemble des éléments qui plaident contre ou en faveur de la voiture. Trois des candidats à l'élection suprême se sont prononcés dans une interview disponible depuis mercredi dernier sur le site internet argusauto.com. On y découvre que Nicolas Sarkozy (UMP) souhaite encourager les "véhicules propres", que Ségolène Royal (PS) plébiscite les transports en commun et que Jean-Marie Le Pen (FN) ne veut pas faire de l'automobiliste un "bouc émissaire". "Je propose de développer les biocarburants par le biais d'un crédit d'impôt environnement", estime Nicolas Sarkozy, considérant qu'il faut "améliorer l'articulation entre les différents modes de transport plutôt que de supprimer un mode de transport qui reste indispensable pour de nombreux citadins". Il est évidemment favorable aux radars, et se prononce aussi pour le développement "d'actions de formations". Il est clairement opposé à toute amnistie concernant les infractions de la route, considérant que "cette pratique est d'un autre âge". Ségolène Royal estime quant à elle que "la réduction du recours à la voiture en ville passe par le développement d'une offre de transports collectifs efficaces et sûrs". "Pour y parvenir, le prix des transports doit devenir plus accessible", précise-t-elle. "Au-delà des zones urbaines, la place du train, doit être accrue". La candidate socialiste souhaite qu'un "effort exceptionnel" de recherche soit fait "en faveur d'une nouvelle génération de voitures moins polluantes" et que l'on favorise le covoiturage. Elle est également favorable aux radars qui ont "conduit les conducteurs à lever le pied", et se dit "opposée à l'amnistie". |

Egalement interrogé, M. Le Pen juge que "l'automobiliste est un bouc émissaire commode" et que l'automobile a sa place dans les villes "à condition qu'elle s'insère de manière discrète". Il faut "réfléchir à la manière de rendre le trafic automobile moins dense par l'information et le développement d'une offre de transports en commun réellement alternative", déclare-t-il. Selon lui, "le Parlement devrait être amené à se prononcer" sur la question des radars. "La répression doit être ferme envers les délinquants de la route", mais "il ne faut pas traiter les autres automobilistes comme des voyous". Favorable à une amnistie pour les infractions "bénignes", M. Le Pen pense qu'il faut "probablement établir, au-delà d'un certain âge, un contrôle visant à remettre à niveau les connaissances des conducteurs". Quelques différences de point de vue, mais beaucoup de convergence au fond. Développement d'une offre collective plus abordable, incitation à la mise sur le marché de véhicule propre et plus léger, maintien des contrôles qui participent à la fois à la sécurité routière et aux économies d'énergies, sont au programme de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, avec des nuances politiques. Et un consensus sur la volonté de ne pas brusquer les choses, malgré les dernières mises en garde du GIEC sur les conséquences du réchauffement climatique. Des propositions qui ont tout de même le mérite d'exister. Seront-elles suivies d'effets ? Affaire à suivre. Photo : © Olivier FRIGOUT Tous droits réservés.
olivier, pour la Rédaction.la rédaction |