Alors que le recyclage en France peine à prendre sa place, la politique du tout incinérateur ne lui étant pas favorable, (cf. article sur l'incinérateur de Fos sur Mer [2]), les industriels du papier ont lancé une campagne de sensibilisation visant à convaincre les consommateurs que leur secteur ne détruit pas de forêts primaires. « Ne sacrifions pas aux idées reçues : Non ! Le papier ne détruit pas la forêt », lancent-ils dans la presse écrite, sous une belle photo de forêt traversée par un rayon de soleil. Une campagne sous l'égide de la Copacel (Confédération française de l'industrie des papiers, cartons et celluloses) que Greenpeace vient de dénoncer, considérant que le document publicitaire en question relève de la pure « mystification ». Et les chiffres annoncés par Greenpeace sont très différents de ceux indiqués par la Coparel, à la fois dans la presse comme sur son site internet. Selon l'association écologique, l'industrie française importerait 40 % des fibres utilisées pour la fabrication de papiers et cartons, et 60 % du total de ses besoins en papier. Les industriels avancent que le bois utilisé est à 93 % d'origine française. Différence de présentation ou de point de vue, ou bien interprétation volontairement faussée d'un côté ou de l'autre, difficile de répondre. Toujours est-il que les forêts primaires dans le monde continuent à régresser, emportant avec elles une extraordinaire biodiversité. Selon Greenpeace, les industriels seraient sur la défensive. « Nous appelons les industriels et les consommateurs responsables à s'engager clairement en faveur de la protection des dernières forêts primaires de la planète en développant massivement l'usage du papier 100% recyclé et de fibres issues de forêts certifiées FSC » indique François Chartier de Greenpeace France sur le site de l'association. Mettant en accusation l'ensemble de la filière mondiale, l'association écologique indique qu'un cinquième du total des fibres utilisées dans le monde proviendrait de la destruction des forêts primaires canadiennes, russes, finlandaises, mais aussi indonésiennes. |

Malgré ce contexte un peu trouble, le consommateur reste le dernier acteur de la filière. Il lui revient d'influencer les pratiques de cette industrie, quelles qu'elles soient, et de participer à la sauvegarde de ce patrimoine biologique mondial, en recyclant son papier usager, en s'informant sur les différents labels, et en privilégiant les produits qui en sont pourvus. [1] Les labels et références : Il existe trois normes d'étiquetage environnemental : les écolabels officiels, les autodéclarations environnementales et les écoprofils. Les écolabels officiels (étiquetage environnemental de type I, ISO 14024) ont été créés par les pouvoirs publics. Ils reposent sur des critères sélectifs, prenant en compte les impacts environnementaux à chaque étape du cycle de vie du produit. En Europe, on compte trois écolabels : l'écolabel européen, qui présente une approche globale et complète ; l'écolabel allemand, qui se base principalement sur la teneur en fibres recyclées et les substances utilisés lors de la fabrication et enfin l'écolabel nordique, proche des standards européens. Les autodéclarations environnementales sont encadrées depuis 1999 par la norme ISO 14021. Ainsi, les déclarations portant sur une caractéristique environnementale ou une étape du cycle de vie du produit sont soumises à des modes de preuve. Enfin, les écoprofils (étiquetage environnemental de type III, ISO TR 14025) consistent à présenter des informations quantitatives voire qualitatives sur les impacts environnementaux, selon différents critères et étapes. La norme ISO donne les lignes directrices. Attention toutefois aux logos vagues voire mensongers du type « papier écologique » ou « papier recyclé » sans indication du contenu en fibres recyclées. Il en va de même pour les indications basées sur l'absence de substance comme le chlore… qui n'entre plus dans les processus de fabrication ! Sources : [2] Incinérateur de Fos-sur-Mer : Marseille à contre-courant de l’Europe Labels et références Copacel Greenpeace olivier, pour la Rédaction.la rédaction |