« Vélib » : j'ai testé pour vous le dernier projet de Bertrand Delanoë à Paris. Ca roule… Par Fabrice Hubert « Vélib », comprenez « vélo et liberté ». Pari tenu pour Bertrand Delanoë, le Maire de Paris. Comme prévu, le 15 juillet dernier, et après quelques petits mois seulement d'études, en partenariat avec le géant de l'affichage JC Decaux, pas moins de 11 000 vélos ont été mis à la disposition des parisiens et autres touristes, via 750 bornes relais dispatchées aux quatre coins de la capitale. Objectif, offrir une alternative à la voiture pour de courts déplacements, mais aussi, faire changer le regard des automobilistes sur les usagers de la bicyclette. |
Avant la date fatidique du 15 juillet, plusieurs milliers de Parisiens avaient déjà souscrits à un abonnement annuel à Vélib, (29 euros), pour s'offrir les joies de la petite Reine dans les rues de Paris. Aujourd'hui, velib' c'est plus de 2 millions d'utilisateurs et 53000 abonnements annuel. Velib enregistre une moyenne de 60.000 locations quotidiennes ! La ville de Lyon avait déjà essuyé les plâtres et osé le pari d'offrir une alternative à la voiture via l'opération « Vélo'v » ; jouant elle aussi la carte d'une offre de vélos pour des trajets courts au cœur de la ville, essentiellement « domicile bureau ». Résultat, 50 pour cent d'usagers du vélo en plus. Retour à Paris pour notre test en temps réel. Ce matin là, trois choix s'offrent à moi pour aller retirer un billet de train à la SNCF: - Prendre ma voiture pour faire les deux petits kilomètres qui séparent les Champs Elysées où je séjourne, de la gare SNCF de La Muette, avec à la clef une bonne demi heure d'embouteillages, quelques microgrammes de CO2 en plus pour le ciel parisien, sans parler de l'hypothétique chance de retrouver une place à mon retour… - Prendre le Métropolitain moyennant 2 euros 60 l'aller et retour avec changement au Trocadéro. Temps de parcours en période estivale : 20 à 25 minutes. - Marcher : comptez 25 minutes (à bon pas), de l'eau et de bonnes chaussures… Je décide donc d'opter pour « Vélib ». Rendez vous avenue Kléber, la borne la plus proche. Une fois mon code d'utilisateur en poche via un dépôt de garantie, (non encaissé par CB directement sur les bornes vélib), de 150 euros, me voilà à déambuler à coups de pédales sur ces nouvelles pistes cyclables parisiennes, tant contestées par les automobilistes, mais dont la fréquentation a augmenté de 47 pour cent dans la capitale en quatre ans*. Sans encombre, puisque respectant le code de la route, (respect des feux, des priorités, et des trottoirs piétons), me voici dix minutes plus tard au guichet de la gare, ayant bien pris le soin de mettre mon antivol. Mon billet de train en poche, retour avenue Kléber, où je repose mon vélo là où je l'avais pris. Coût de l'opération : - 1 euro pour un jour d'abonnement et moins d'une demi-heure d'utilisation - Un peu d'exercice sous le soleil matinal de Paris - La joie d'avoir œuvré en faveur de l'environnement Conclusion : « Vélib » est un bon système car il est bien adapté à certains trajets dans une grande ville comme Paris. |

La preuve, son succès. Pas moins de 150 000 personnes l'ont utilisé en une petite semaine. Il est vrai que le côté nouveauté et l' « effet mode vélo » ont dû jouer. Deux petits regrets tout de même. - Faire du vélo à Paris peut être dangereux, et le casque n'est pas fourni. - Il existe de grandes disparités d'une borne à l'autre, d'un quartier à l'autre, dans l'offre de bicyclettes. Paris n'étant pas tout à fait plat, vous aurez plus de chances de trouver un vélo en bas de Montmartre, qu'à son sommet… La question qui se pose maintenant est donc de savoir comment Bertrand Delanoë va-t-il pouvoir gérer en terme de logistique, l'évolution de Vélib, lorsque 20 000 vélos sillonneront la capitale, répartis dans 1441 stations ne devant pas être éloignées de plus de 300 mètres les unes des autres ? Pour l'instant, le succès est avéré et les vélos gris de vélib' se rencontrent partout. Ce qui est aussi à craindre, c'est le phénomène saisonnier de vélib' qui séduit beaucoup les touristes et semblent l'utiliser plus facilement que les parisiens eux-mêmes. Les stations sont régulièrement vides aux abords des monuments penda nt que d'autres regorgent de stations et les premières colères arrivent ! - « j'ai voulu poser mon vélo dans une station qui était pleine ! Comment faire, je ne savais pas où était la station la plus proche ». Il a fallu que je marche. - Dans la cas inverse : « La station à côté de chez moi était vide. Plus un vélo… J'ai du emprunter le Bus qui passait juste à côté. » Question d'organisation… et de rodage très certainement.. N'en sommes-nous pas aux premiers coups de pédales ? Reste à voir maintenant si ble bilan est toujours aussi positif une fois les touristes rentrés chez eux. Les parisiens vont-ils réellement utiliser vélib' pour aller au boulot ? Vélo boulot dodo sera-t-elle la nouvelle devise parisienne ? Puis reste toujours à convaincre les « accros de l'embrayage », pour qu'ils deviennent, c'est à espérer, des « accros de la pédale »… Fabrice Hubert Economie et Environnement Avec la participation de Frédéric BENOT Sources : Le Point n° 1817 *Observatoire de déplacements de la ville http://www.velib.paris.fr/
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