Rallye automobile et protection de l'environnement, voilà bien deux choses à priori très antinomiques. Le rallye des gazelles n'est pourtant pas une course comme les autres et le démontre un peu plus chaque année. Alors que le sport auto est éminemment masculin, cette compétition est réservée aux femmes. Alors que le plus rapide récolte invariablement honneurs et lauriers, les gazelles font fi de la vitesse, seules les qualités d'orientation étant reconnues pour établir le classement final. |
On l'aura compris, le rallye Aïcha des Gazelles, dont la 17e édition se déroule du 17 au 31 mars au Maroc, n'est pas une course banale. Dès lors, il est moins surprenant de voir les organisateurs se pencher de près sur la question écologique. C'est ainsi que pour la première fois, Total, leur partenaire depuis 10 ans, fournira un biogazole contenant 5% d'ester méthylique de colza. 5% de biocarburant, cela peut paraître bien peu, mais cela correspond à des normes strictes, les constructeurs se basant sur ce chiffre pour produire leurs véhicules. Une norme qui pourrait prochainement évoluer, l'Europe envisageant de faire grimper ce taux à 10%. Retenons tout de même qu'avec un taux de 5% de biocarburant, ce gazole peut permettre de réduire de 10 à 15% les émissions de CO2, soit une trentaine de tonnes environ, sachant qu'une estimation réalisée lors de la précédente édition du rallye des Gazelles faisait état de 200 tonnes de CO2 rejetées. Un carburant plus propre, c'est bien! Mais pas de rallye du tout, ce serait évidemment encore moins polluant! Les organisateurs de la course étant bien conscients que leur passage sur la terre marocaine a un impact sur l'environnement, ils ont donc voulu aller bien plus loin dans leur démarche écologique. C'est pourquoi Jacques Roman, expert international en audit environnemental de la société ERM (Environmental Resources Management), sera chargé de réaliser une étude d'impact très complète du rallye et notamment de chiffrer les émissions de CO2, avant de mettre en place des mesures compensatoires dans les années à venir. L'idée est de verser une somme pour chaque tonne de CO2 émise et de se servir de cet argent pour des actions sur le terrain. Cela pourrait, par exemple, prendre la forme d'aide au développement de biocarburant marocain issu de l'huile de Palme, où la mise en place d'actions en faveur des femmes de ce pays visité chaque année par le rallye. |

Les organisateurs veilleront également à poursuivre et améliorer une politique déjà d'actualité lors des dernières éditions, pour réduire au maximum les nuisances générées par la course. Utilisation d'ampoules à basse consommation, priorité donnée aux produits biodégradables, tri, traitement et recyclage des déchets sur place, autant que possible, et rapatriement de ceux ne pouvant être traités au Maroc, sont autant de mesures qui permettront au rallye Aïcha des Gazelles de réduire considérablement son impact sur l'environnement. Des actions concrètes, qui s'ajoutent au volet humanitaire de l'événement, une caravane médicale suivant la course depuis maintenant 6 ans et permettant d'offrir plus de 1500 consultations en 8 jours aux populations locales. Deux volets bien spécifiques qui font de cette épreuve une course à part et de laquelle feraient bien de s'inspirer les autres grands rallyes raids, voire l'ensemble du sport automobile qui n'est généralement pas une source d'exemple en matière de protection de l'environnement, loin s'en faut. Les reportages : Enregistrer  Ecouter : Enregistrer  Ecouter : vincent, pour la Rédaction.la rédaction |