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Décision controversée du Conseil au sujet du bio européen - Publié le 22-06-2007        XML RSS INFOS

L'ARTICLE
Faut-il le rappeler ? Plus de 85% des consommateurs de l'UE sont opposés aux semences OGM, et on n'ose plus, dans les milieux autorisés, incriminer à leur égard un manque d'informations, un esprit irrationnel tourné contre la vérité scientifique, tant les faiblesses des plants OGM sont patentes et risquent d'hypothéquer l'avenir.

L'agriculture bio, qui refuse heureusement l'utilisation des plants OGM, et demande à ce que le responsable d'une contamination par les OGM soit celui qui dédommage (principe du pollueur payeur), dérange les milieux affairistes.
Car les OGM ne peuvent que contaminer leur environnement de manière inéluctable au fil du temps. Aucun scientifique ne peut prétendre le contraire.

Aussi, il s'agit de mettre l'agriculture bio au pas. Le Conseil Européen du 12 juin, la somme d'accepter les normes édictées en son temps pour les produits non-bio, à savoir une tolérance accidentelle d'OGM à hauteur de 0.9% (0.1% au Japon).

En pratique, si les OGM restent heureusement interdits dans le cahier des charges du bio, il serait par contre impossible de demander réparation en-deça de 0.9%, ce qui est un moyen d'ôter une épine du pied aux lobbys des pesticides et OGM. Et ensuite… On augmentera gentiment les normes en surfant sur la courbe d'expansion des contaminations… Dans un débat houleux, à la majorité qualifiée, contre l'Italie, la Belgique, la Grèce, la Hongrie, le Conseil nous dirige dans une voie dont la pente est glissante.

Le 22 mai, à une écrasante majorité, le parlement européen avait limité ce seuil à 0.1% (seuil technique de détection). Il n'est pas acceptable que nous nous acheminions vers une catastrophe écologique comme en Argentine avec le soja OGM ; le bio est un rempart, exigeons le respect du refus des OGM, et la baisse des prix du bio.


Le Conseil suit dans cette décision la volonté initiale de la Commission, qui n'a toutefois pas été suivie sur de nombreuses propositions très préjudiciables, comme l'imposition obligatoire d'un logo européen accouplée avec l'interdiction de prétendre à plus, comme par exemple « 0% d'OGM »… Le Conseil souhaite au contraire la possibilité d'apposer aux côtés du logo européen des logos nationaux, voire privés, ce qui serait, jusqu'à quand, une manière de contourner la règle des 0.9%.

Il souhaite encore, dans le bon sens, exercer un niveau de contrôle identique à celui de l'UE pour les produits bio importés, impose l'indication du lieu de production, porte à 95% (en masse) le taux minimum des produits qui veulent se prétendre bio, ce qui écarte les produits dont seulement quelques ingrédients sont bio, et refuse de modifier les règles d'exceptions sur l'utilisation des pesticides de synthèse, assez verrouillées pour ne pas être utilisées.



La commission n'est parvenue à ses fins que sur les OGM. C'est encore trop, car la FAO vient, dans son dernier rapport à Rome, de demander aux pays du monde entier, au Nord comme au Sud, de développer le bio, favorable à la planète, pour le respect des terres, des plants non-OGM, des animaux, des humains, et encore profitable contre le réchauffement climatique.

Au passage, la FAO estime que l'agriculture bio est capable de nourrir la planète…

Guillaume Moricourt
Auteur d'« Agriculture et santé » aux Editions Dangles 16 euros

Guillaume.moricourt@ifrance.com




La suite sur mon site

                guillaume m, pour la Rédaction.la rédaction


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