Le CHENE, situé dans un magnifique cadre de verdure à Allouville-Bellefosse, à 40km à l'ouest de Rouen, est le principal centre de sauvegarde de la faune sauvage de France. Mais c'est quoi au juste un centre de sauvegarde ? Notre mission essentielle c'est la prise en charge et la réhabilitation de tout animal sauvage en détresse quel qu'il soit. |
Cela signifie accueil, soins plus ou moins prolongés et phase de réhabilitation à la vie autonome laquelle peut durer de quelques jours à plusieurs mois selon l'animal et la cause de son passage au centre. Pourquoi un animal arrive au centre ? Il y a de multiples raisons que nous classerons en quelques catégories. D'abord les « accidentés de la route » victimes d'automobilistes inattentifs. Ce sont divers mammifères, des oiseaux tels les tourterelles, mais aussi nombre de rapaces diurnes ou nocturnes. Généralement ils ont une patte ou une aile brisée et nos soigneurs feront comme leurs collègues du CHU pour les humains : examens radio, platre, pansement puis, quand le membre est consolidé, phase de rééducation. Parfois l'animal ne pourra pas être relâché avec une chance de survie et nous devrons le conserver au centre ou parfois le transférer dans un parc ami. La seconde catégorie de pensionnaires sont les victimes de chasseurs qui blessent sans tuer. Ces animaux sont alors trouvés parfois plusieurs jours plus tard par des promeneurs ou des professionnels de la forêt et nous sont amenés après plusieurs jours de souffrances abominables. Trop souvent leur état est si grave que notre seul recours est de les euthanasier pour abréger leurs souffrances. Une troisième catégorie concerne les jeunes ramassés par des promeneurs croyant bien faire. La plupart du temps quand on trouve un jeune animal il n'est pas abandonné, ses parents sont dans le voisinage. |

Mais quand on nous l'amène il nous faut assumer le remplacement des parents, nuit et jour et se substituer à une maman hulotte ou une maman phoque ce n'est évidemment pas la même chose. Quelques animaux sont trouvés malades et notre problème sera alors de déterminer la cause de leur problème, et si votre médecin a souvent bien du mal à discerner la cause de vos maladies, dites vous bien que c'est bien plus compliqué avec un animal sauvage et qu'aucune école vétérinaire ne vous apportera la formation ad hoc. Seule l'expérience permet à nos soigneurs de progresser et d'obtenir d'excellents résultats. Enfin la dernière cause d'afflux au centre de sauvegarde sont les grandes catastrophes maritimes dites « marées noirs » qui jettent sur nos côtes normandes des centaines d'oiseaux mazoutés, dont nous parlerons dans un autre article. En conclusion la vie d'un centre de sauvegarde est pleine d'imprévus, mais aussi souvent de désespoir et de colère devant la bétise humaine, parfois de joies immenses quand on a sorti d'affaire un animal peu fréquent, avec quelquefois aussi des larmes chez certains soigneurs quand on relâche un animal qu'ils ont « materné » pendant des jours et auquel ils se sont attachés quoique la règle au centre étant évidemment de ne pas « imprégner » l'animal qui doit rester sauvage pour se réintégrer dans son milieu naturel. Mais comment rester insensible devant un bébé-phoque qui pleure ou un jeune martinet qui attend sa becquée ?
le CHENE michel, pour la Rédaction.la rédaction |