Nous vous parlions déjà (1 & 2) de l'acidification des océans provoquée par l'augmentation du CO2 atmosphérique et des risques majeurs que cela représente pour l'ensemble des organismes vivants de la chaîne alimentaire marine. Les émissions anthropiques (3) de gaz carbonique dans l'atmosphère, dont la moitié a été absorbée par les masses océaniques depuis le début de l'ère industrielle, modifient le pH de l'eau de mer, interférant ainsi avec le processus de calcification des différents animaux marins à exosquelette calcaire, comme les coraux et le phytoplancton. S'intéressant à d'autres espèces, les chercheurs ont ainsi montré que les mollusques comme la moule domestique ( Mytilus edulis ) et de l'huître du Pacifique ( Crassostrea gigas ) voient la calcification de leur coquille diminuer de manière linéaire avec l'augmentation de l'acidité de l'eau de mer. La teneur actuel en CO2 dans l'atmosphère est de 370 ppm (parties par million). Les recherches menées ont permis d'évaluer la diminution de la vitesse de fabrication de la coquille des moules et des huîtres respectivement à 25 et 10% pour une teneur de 740 ppm, valeur attendue en 2100. L'étude a également montré qu'au delà de 1800 ppm, la coquille de moule se dissolvait dans l'eau... L'impact de ce déséquilibre sur une activité économique déjà sinistrée par des problèmes récurrents de pollution sera-t-il plus éloquent que la déstabilisation de l'ensemble de la biodiversité marine? Peut-être, toujours est-il que la Commission Européenne vient de lancer un appel d'offre sur le thème pour un budget de 4 à 7 millions d'euros , concomitamment à la parution de ces travaux dans la revue Geophysical Research Letters. |
Car avec une augmentation de près de 8% par an de l'élevage commercial de mollusques au cours des trente dernières années, et un marché qui représentait en 2002 un chiffre d'affaires de 10,5 milliards de dollars, cette activité économique portent des milliers d'emplois à travers le monde. Au delà de leur intérêt économique, Mytilus edulis et Crassostrea gigas font partie intégrante des écosystèmes marins, proposant habitat aux uns et nourriture aux autres. Cette fragilisation supplémentaire des écosystèmes côtiers, déjà fortement malmenés par certaines méthodes de pêche peu sélectives, est ainsi l'un des dommages « collatéraux » de notre irrésistible besoin de consommer les ressources énergétiques fossiles, dont la partie émergée de l'iceberg n'est autre que le réchauffement climatique. Illustration : Gazeau et al. 2007. (3) - Les émissions anthropiques de gaz carbonique sont celles résultant de l'activité humaine.
(1)- Les océans acidifiés par le gaz carbonique sont en péril. Sciences&Nature (2) - CNRS - L'acidification des océans menace les organismes marins Fréquence Terre Sources : revue de presse du CNRS olivier, pour la Rédaction.la rédaction |