Cette manifestation met en relief les positions contrastées des différents candidats à l'élection présidentielle, alors qu'un récent sondage (2) montre que 78 % des Français estiment qu'il faut en priorité développer les énergies renouvelables pour qu'elles deviennent la source principale d'énergie (contre 19 % qui défendent le maintien du nucléaire), et que 56 % des Français pensent qu'il est facile de remplacer le nucléaire par le développement des énergies renouvelables et des économies d'énergie (contre 37 % qui pensent le contraire). Parmi les candidats (3) encore en lice, Nicolas Sarkozy, Marie-George Buffet et Jean-Marie Lepen se sont prononcés en faveur de la poursuite du programme nucléaire, alors qu'Olivier Besancenot, José Bové, Dominique Voynet et Philippe de Villiers y sont opposés. Moins tranchés dans leur position, François Bayrou et Ségolène Royal souhaitent que le projet EPR soit suspendu, le temps qu'un débat démocratique permette de trancher la question. L'EPR ou Réacteur à eau pressurisé est un générateur de 3ème génération fonctionnant à l'Uranium 235. Présenté comme un réacteur de transition entre la technologie actuelle et la quatrième génération attendue pour 2030, il oppose ses détracteurs à ses défenseurs sur le combustible utilisé, la sécurité des installations et les déchets produits. |
Quoi qu'il en soit, l'EPR fonctionne avec un combustible dont les stocks mondiaux sont faibles (isotope 235 de l'Uranium) et devrait coûter 3,3 milliards d'euros pour sa construction. Considéré par certains comme le plus dangereux réacteur au monde (4), l'EPR semble être la seule réponse apportée par les gouvernements français successifs au double enjeu de l'indépendance énergétique et du réchauffement climatique. Dans le même temps, EDF Energies Nouvelles annonce la mise en service d'un parc éolien dans la région des Pouilles, en Italie, d'une capacité de production de 72 MW répartie sur 36 aérogénérateurs, pour un coût total de 98 millions d'euros. Deux politiques bien différentes qui s'expliquent peut-être par la position dominante d'AREVA qui a réalisé 66% de son chiffre d'affaire en 2006 sur ses activités nucléaires (5). Photo : © Greenpeace / Stéphane Desrousseaux Sources : (2) Sondage Louis Harris pour 20 Minutes et RMC, février 2007 et Eurobaromètre, février 2007
(1) 40 000 manifestants à Rennes, 8 000 à Lyon, 5 000 à Toulouse, 5 000 à Strasbourg et 4 000 à Lille. (3) L'EPR et les candidats : qui est pour, qui est contre ? (4). John Large, Evaluation des conséquences radiologiques de rejets accidentels du réacteur EPR proposé en France (et de certains réacteurs existants), février 2007. Etude disponible sur demande ou sur www.greenpeace.org. (5) Chiffre d’affaire d’Areva en 2006 : 10 milliards 863 millions d’euros. Pour en savoir plus : La relance du nucléaire est-elle durable ? Fréquence Terre - 24 janvier 2007 et encore : Nucléaire et environnement : Corinne Lepage Invitée de Fréquence Terre. Fréquence Terre - 23 avril 2006 olivier, pour la Rédaction.la rédaction |