Ces derniers jours, nos confrères, comme « Fréquence Terre », sont sur la brèche dans ce qui ressemble furieusement à une magistrale et fondamentale remise en cause de la politique européenne en matière d'agro-bio-carburants. Désillusion ? Panique inconsidérée ? Leurre ? La presse (Financial Times, Metro, Le Soir...) se pose des questions : « Faut-il brûler les biocarburants ? », « Les agrocarburants désormais sur la sellette », « Biocarburants ? Aucun avantage environnemental !», « Le remède est-il pire que le mal ? »… Plusieurs associations écologistes, l'OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement économique), la chaire « Entreprise, Economie, Environnement » de l'UCL (Université catholique de Louvain -Belgique), etc. tirent la sonnette d'alarme : l'engouement pour les agrocarburants provoquera une augmentation du prix des denrées alimentaires, encouragera la destruction d'habitats naturels, menacera davantage la forêt amazonienne, des zones humides, des pâturages…, et, le comble, ne limitera pas le réchauffement de la planète ! Rien de bio ! Tout d'abord, rappelons que c'est surtout dans un souci d'indépendance par rapport aux producteurs de pétrole, que les Etats-Unis et l'Union européenne décidèrent de recourir massivement aux carburants d'origine végétale (maïs, canne à sucre, betteraves, soja…), et, accessoirement, de permettre une légère (3%) diminution des émissions de gaz à effet de serre. Hélas, trois fois hélas, il semble, selon des études dignes de foi émanant de l'OCDE, de Greenpeace, de l'UCL, des Amis de la Terre, de l'UN Energy (Nations Unies)…, que ce soit une profonde désillusion quant au bien-fondé de ce type de production intensive. Et, comme le souligne le professeur belge Thierry Bréchet, on est loin, très loin même, d'apporter une réponse à la question : « Comment rouler avec mon 4x4 sans noyer les pingouins ? » Ce professeur va même plus loin : - L'idée était séduisante de remplacer les combustibles fossiles par ce qui a été appelé biocarburants, dénomination fort judicieuse du point de vue marketing, mais elle est fallacieuse du point de vue environnemental. |
Ces biocarburants n'ont d'ailleurs rien de « bio », parler d'agrocarburants est donc plus correct. Le débat est lancé et il est même demandé à l'Union européenne de revoir d'urgence sa politique en la matière, celle de porter à 10% d'ici 2020 la part des agrocarburants dans la consommation globale de carburants des véhicules. Bien évidemment, « Fréquence Terre » suit cet épineux dossier de très près ! Pierre Guelff. Retrouvez Pierre Guelff sur son blog pierre, pour la Rédaction.la rédaction |