Les céréales pourrait ainsi voir leur prix grimper de 20 à 50%. Depuis quelques années, l'envolée des prix pétroliers et la lutte contre le réchauffement climatique ont entraîné un fort développement de la production de carburants alternatifs, censés réduire les émissions de CO2: les bioéthanols, issus du maïs, du blé, de la betterave ou de la canne à sucre, ou le biodiesel, fabriqué à base d'huiles végétales. Les Etats-Unis, premiers producteurs et exportateurs au monde de maïs, devraient voir leur production doubler d'ici 10 ans. Dans l'Union européenne, les volumes annuels d'oléagineux, principalement de colza, destinés à la production de biocarburants devraient également doubler de 10 à 21 millions de tonnes durant la même période. La Chine, elle, devrait voir sa production actuelle, de l'ordre de 2 milliards de litres de biocarburants par an, grimper jusqu'à 3,8 milliards. Cet engouement pour les biocarburants a contribué à une flambée généralisée du cours des matières agricoles: en un an, les cours du maïs ont ainsi doublé Rajoutons aussi comme autres facteurs de causes l'augmentation de la demande chinoise de denrées alimentaires, la réduction des excédents, imputable aux politiques publiques, comme la réforme de la Politique agricole commune dans l'Union européenne, qui ne lie plus les subventions agricoles aux volumes produits. |
Pour les agriculteurs des pays riches ou pauvres, la hausse des prix des produits alimentaires de base représente une source de revenus supplémentaire. Mais elle représente un coût supplémentaire pour les pays importateurs, pour les éleveurs et les industriels de l'agro-alimentaire. Ce sont les populations urbaines des pays les plus pauvres qui devraient le plus souffrir de cette nouvelle donne. Dans les pays industrialisés, cette hausse devrait être moins durement ressentie car la part des matières premières dans le coût des produits alimentaires finis est de plus en plus faible.
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