11:14 - mercredi octobre 18, 2017

L’étrange faune des profondeurs

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METHANE. Autour des sources hydrothermales, ces structures qui rejettent sous la mer de l’eau chaude et des tas de minéraux et gaz dissous, se développe un véritable écosystème propre à chacune d’entre elles. Elles forment des oasis au plus profond des mers dont l’exploration à l’aide robots est encore toute récente. A dire vrai, les océanographes sont loin de les avoir toutes dénombrées comme le prouve cette annonce faite lors du Forum national d’exploration océanique qui s’est déroulé à New-York les 20 et 21 octobre 2016 : 500 nouvelles sources chaudes ont été découvertes cet été le long des côtes à l’ouest des Etats-Unis. En une seule campagne, dirigée par Robert Ballard (l’homme qui a découvert l’épave du RMS Titanic), le nombre de sources connues dans cette zone a quasiment doublé. Tous ces évents crachent dans l’océan de grandes quantité de méthane dissous. “Il semble que l’ensemble de la côte au large de Washington, de l’Oregon et de Californie constitue un énorme gisement de méthane“, souligne Robert Ballard. Ce méthane est un puissant gaz à effet de serre et mesurer le montant émis chaque année par les cheminées hydrothermales sera un des challenges des prochaines années. La centaine de spécialistes des océans réunis lors du forum a, en sus de cette spectaculaire annonce, fait le point sur les dernières nouvelles en provenance des profondeurs des océans.

Bulles de méthane s’échappant d’une source hydrothermale. © Ocean Exploration Trust

Des équipements de plus en plus perfectionnés

Toutes ces découvertes sont devenues possibles grâce aux nouveaux engins robotisés qui sont mis à la disposition des scientifiques. Ils sont appelés ROV (remotely operated vehicle) ou AUV (autonomous underwater vehicle, drone sous-marin) et permettent l’exploration des fonds marins grâce aux multiples instruments dont ils sont équipés. L’un des derniers nés, propriété de l’Institut Schmidt pour l’Océan, le ROV SuBastian est ainsi capable de descendre à 4500 mètres de profondeur. Munis de bras articulés, de caméras 4K et d’un puissant éclairage, il peut ramener des échantillons des profondeurs vers la surface. “Avec le ROV SuBastian, nous allons faire en sorte que la vie au fond de l’océan soit réelle pour les gens qui ne visitent jamais la mer, afin qu’ils puissent commencer à apprécier l’importance de la santé des océans. Faire le lien entre la vie en mer profonde et la vie sur terre“, espère Wendy Schmidt, co-fondatrice de l’Institut éponyme.

Le ROV SuBastian. © Schmidt Ocean Institute.

Le SuBastian effectuera sa première mission scientifique en décembre 2016, dans la fosse des Mariannes. Mais ces prédécesseurs ont déjà livré au monde de multiples images de la flore et de la faune qui entourent les oasis chaudes du fond des mers. Ils ont dévoilé un biotope encore inimaginable il y a quelques années avec des dizaines de nouvelles espèces, rares et parfois déconcertantes, de vers, de crevettes, de mollusques et bien d’autres encore. En témoigne la vidéo ci-dessous où apparaissent quelques-unes des créatures rencontrées par les ROV lors de plongées dans la fosse des Mariannes.

© NOAA

Jusqu’à présent la recherche dans l’océan profond se déroulait sans véritable coordination internationale et les ROV n’ont fait que survoler quelques sources hydrothermales. Un peu comme les nombreuses sondes autour et sur Mars qui débutent à peine son exploration. Mais la donne devrait radicalement changer dans les prochaines années puisque les scientifiques prévoient de mutualiser et de démultiplier leurs moyens. Le but : envoyer plusieurs navires armés d’une constellation de drones sous-marins passer au peigne fin un écosystème afin d’en avoir une vue détaillée sur les plans géologiques, biologiques et environnementaux. La grade bascule est prévue pour 2020-2025. Les enjeux, outre la connaissance de ces milieux extrêmes, sont nombreux notamment sur le plan des origines de la vie. Les sources hydrothermales peuvent en effet avoir joué un rôle clé dans l’apparition de cette dernière sur Terre et peut-être ailleurs dans l’espace. Car la Terre n’est pas le seul astre où se trouvent des sources hydrothermales, il en existe probablement aussi sur Encelade, une lune de Saturne, qui héberge un vaste océan souterrain. Elle constitue une des candidates les mieux placées pour la recherche de vie extraterrestre. Mais pour la dénicher, il faudra continuer à mieux explorer et connaître nos fonds marins.

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