1:19 - dimanche novembre 19, 2017

COP22 : Donald Trump peut-il vraiment mettre en œuvre son programme sur le climat ?

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GRAVES. A l’entrée de la salle des négociations de la COP22, les mines sont graves et les propos “off” inquiets. L’élection de Donald Trump constitue une menace pour le devenir des négociations climatiques. Mais personne ne semble vouloir imaginer que les Etats-Unis se retirent complètement d’un processus qui fait l’unanimité dans la communauté internationale.

Qu’a dit Trump sur le climat ?

Pour Donald Trump, le réchauffement climatique est une “blague” destinée à faire perdre leurs emplois aux Américains. Tout au long de la campagne, il a dénoncé l’accord de Paris signé et ratifié par son prédécesseur, Barak Obama. Toujours pour des raisons d’emplois, Trump a également annoncé vouloir relancer l’exploitation du charbon et du gaz sur le territoire américain. Pour cela, les réglementations sur la pollution de l’air (“clean air act”) et sur les émissions de gaz à effet de serre devraient être revues. Pendant la campagne, Trump est allé jusqu’à annoncer la disparition de l’Agence fédérale de l’environnement (EPA). En septembre, il a sélectionné Myron Ebell pour diriger l’EPA pendant la période de transition entre les deux présidents. Myron Ebell est directeur du centre de l’énergie et de l’environnement au Competitive Enterprise Institute, un organisme conservateur déniant la réalité du réchauffement climatique.

Quelles sont les premières réactions ?

L’Union européenne via une lettre signée de Donald Tusk, président du Conseil et Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, rappelle que “C’est seulement par une coopération plus étroite que l’Union européenne et les Etats-Unis peuvent continuer à faire la différence dans la gestion de nouveaux challenges comme Daesh, les menaces sur la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, le changement climatique et les migrations”. Ce qui situe le niveau élevé des négociations climat dans les préoccupations européennes. Le Commissaire européen chargé des questions d’énergie, l’espagnol Miguel Angel Canete a retweeté la lettre, insistant sur la lutte contre le changement climatique.

Hilda Heine, présidente de la République des Iles Marshall et leader des petits pays insulaires (AOSIS) menacés par la montée des eaux, n’a également pas tardé à réagir. “Le président élu Donald Trump a été la source de beaucoup de fulminations contre le changement climatique au cours de cette année, mais maintenant que la campagne est passée et que la réalité du pouvoir va s’imposer, j’attends de lui qu’il réalise que le changement climatique est une menace pour son peuple et pour l’ensemble des pays qui partagent des mers avec les Etats-Unis, dont le mien. Si l’Accord de Paris est devenu une loi si rapidement, c’est parce que chaque pays à un intérêt national à poursuivre une action climatique forte et ce fait n’a pas changé à cause de l’élection américaine”. Et la présidente de poursuivre : “Pour les Iles Marshall, l’action climatique est une question de survie. J’attends de Mr Trump qu’il prenne ses responsabilités pour protéger son peuple et les autres dans le monde, de leur fournir des chances, dans la transition vers une économie à bas carbone, d’avoir des emplois meilleurs, une économie prospère et des conditions sanitaires améliorées”.

Le 7 novembre, veille de l’élection, la secrétaire exécutive de la Convention onusienne sur le climat, Patricia Espinosa, a affirmé que “aucun politicien, aucun citoyen ni aucun investisseur ou dirigeant d’entreprise ne peut douter que le monde est déterminé à évoluer vers une société résiliente à basse émission”. La “championne du climat” Laurence Tubiana anticipait également. “Si Trump est élu, je suis sûre que mercredi matin, vous entendrez tout le monde à la COP dire qu’il reste engagé dans l’accord de Paris”. Ce qui semble effectivement la tonalité générale.

Ainsi, Achim Steiner, ex directeur exécutif du Programme des Nations-Unies, rappelle : “Le résultat de l’élection américaine implique clairement un changement dans la politique climat de la nouvelle administration. Alors que cela crée de l’incertitude dans le contexte national et international, une évaluation pragmatique est nécessaire. L’économie mondiale a déjà commencé à évoluer vers un futur à bas carbone. Les marchés et les économies vont modérer les choix futurs de la politique américaine d’autant que les entreprises américaines et les investisseurs évaluent ce qui va continuer à rendre l’économie compétitive et investissent déjà dans des infrastructures à bas carbone”.

A ce sujet, Standard&Poors ironise. “Notre compagnie est engagée dans les économies d’énergie et depuis 2013 nous avons baissé notre consommation de 22%. Nous sommes impatients de fournir à la nouvelle administration les recherches, données et analyses dont elle aurait besoin, pour des initiatives durables ici aux Etats-Unis et dans le monde entier” a déclaré Michael Wilkins, le directeur de l’environnement et du risque climatique de l’agence mondiale de notation.

Les Etats-Unis peuvent-ils quitter l’Accord de Paris ?

L’Accord de Paris a été ratifié par les Etats-Unis le 3 septembre dernier, conjointement avec la Chine. C’est une ratification qui engage à la fois le pays face à la communauté internationale, mais aussi en relation bilatérale avec le gouvernement chinois. Selon les règles onusiennes, un accord ne peut être dénoncé que trois ans après sa ratification, soit 2019. Il faut ensuite trois ans pour que le retrait soit effectif.

Qu’en pensent les Américains ?

Si l’on arrive encore à croire aux sondages américains – qui se sont largement trompés dans leurs estimations lors de cette élection – 59% des Américains pensent que le changement climatique a déjà des effets sur leur environnement et 64% estiment qu’un accord sur le climat est nécessaire. Ce qui laisse planer l’espoir d’une inflexion des positions du nouveau président des Etats-Unis.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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