10:06 - lundi octobre 23, 2017

COP22 : une station météo lycéenne pour comprendre le changement climatique

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VOLONTAIRES. Des propositions raisonnables, étudiées, étayées, valides. Quand on a 17 ans, être crédible, cela s’apprend. C’est cet exercice périlleux qu’ont entrepris 150 lycéens de France, du Maroc, de Tunisie, du Niger, du Burkina Faso. Ces volontaires ont fait entendre leur voix le 11 novembre lors de la COP22. A deux pas des négociateurs du climat, ils ont déroulé le fruit de leur réflexion. Concrète, locale, centrée sur leur vie quotidienne. Ces jeunes ont lu une déclaration dans laquelle ils s’engagent à “ être acteurs du changement de l’environnement », et à ” adopter des éco-gestes, à encourager les initiatives vertes, à dénoncer les inégalités en matière d’accès aux ressources, à donner exemple d’éco-citoyenneté à cette génération et aux générations futures, à être ambassadeurs auprès de leur entourage pour les sensibiliser aux problématiques environnementales ».

Ces problématiques sont déjà très présentes dans leur vie. Les élèves du lycée Al Khawarizmy de Casablanca prennent ainsi appui sur un instrument de mesure de la qualité de l’air installé dans leur établissement pour réclamer des mesures de réduction de la pollution : co-voiturage, tramway, vélo… Leur lycée baigne en effet dans un bain de particules fines ! Abla Ben Abderrazi et son groupe de travail de 11 jeunes ont cartographié les différences d’accès à l’eau dans la ville de Marrakech. Conclusion : “ Les inégalités économiques et sociales font que l’accès à l’eau est plus difficile et cher pour les plus pauvres », dénonce la jeune fille, preuves à l’appui. Lycéenne tunisienne, Sarra Negra a mesuré les différences de température entre son lycée de Tunis et les zones rurales environnantes. Dans quelle mesure la ville est-elle fauteuse et victime du réchauffement climatique ?

Une station météo pour bien mesurer la réalité

PÉDAGOGIQUE. Si Sarra a pu mesurer scientifiquement la température ambiante de son lycée, c’est grâce à Stacy. Stacy est une station météo que l’Institut de recherche pour le développement (IRD) a conçue pour être facilement installée dans un cadre scolaire, selon le programme “le climat sous surveillance”. ” Nous avons commencé à collaborer avec l’IRD en 2006 à partir d’expositions pédagogiques, explique Malika Ihrachen, coordinatrice environnement de l’association des enseignants en science et vie de la terre (SVT) du Maroc. Avec Stacy, c’est une démarche plus active. Les élèves apprennent ce qu’est une mesure et comment les scientifiques l’utilisent pour obtenir un résultat objectif ». L’opération vient d’un constat simple : la démarche scientifique est mal connue, peu comprise et il est essentiel de la faire partager dès le lycée. ” Ces jeunes arrivent avec de vastes questions comme “l’accès à l’eau dans le monde”, s’amuse Claude de Miras, directeur de recherche émérite de l’Université Aix-Marseille. Il faut leur apprendre à bien délimiter un sujet, regarder les outils de mesure qu’ils ont à leur disposition, adopter une méthode de recherche». Avec Stacy, les lycéens ne sont plus des récepteurs d’un message donné par un outil pédagogique. Ils deviennent acteurs d’une recherche personnelle. Ce qui signifie qu’ils sont volontaires. Avec l’idée de faire carrière derrière la tête. Abla et Sarra hésitent entre médecine, sciences politiques ou encore économie.

Quand on est venu le solliciter, Claude de Miras s’est demandé si un établissement scolaire était bien à sa place. “ Pour nous, l’enseignement c’est la recherche académique. La formation primaire, ce n’est pas notre sujet ». Mais cet économiste spécialiste du développement a rapidement été convaincu de l’intérêt à fréquenter cette classe d’âge. ” Outre la démarche scientifique, il est important pour nous chercheurs, d’intervenir au moment où ces jeunes prennent conscience de leur environnement sociétal. Ce que nous pouvons leur dire c’est : au moment où votre demande de citoyenneté commence à se former, vous devez réfléchir en individus responsables sur des bases solides et avérées ». C’est là qu’intervient Stacy. Les lycéens obtiennent eux-mêmes des mesures qu’ils devront utiliser selon une méthode scientifique. Abla en a pris très vite conscience: “ Au Maroc, certains disent que 95% des gens ont accès à l’eau, d’autre qu’un tiers seulement ont un point de ravitaillement en bonne et due forme. Les points de vue divergent selon la façon d’utiliser les chiffres ».

L’IRD a débuté le programme Stacy un peu avant la COP 21 à Paris l’an dernier. A Marrakech, des enseignants (principalement des lycées français dans les capitales africaines) sont venus se former à l’assemblage de la station météo. Un point de départ avant d’essaimer cet outil de prise de conscience. Le réchauffement climatique se mesure jour après jour, année après année, dans une démarche rigoureuse.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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