12:35 - vendredi octobre 20, 2017

À Tchernobyl, le sarcophage géant commence à être déplacé

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C’est une ossature métallique de dimensions pharaoniques. Longue de 165 mètres, large de 257, soit assez de place pour abriter quatre avions Airbus A380. Cette ossature métallique qui pèse à elle seule 25.000 tonnes (auxquelles il faut ajouter 16.000 tonnes d’équipements pour le confinement et les grues) est si gigantesque que jamais, jusqu’à présent, une structure de cette taille n’avait tenté d’être déplacée. Mue sur des rails par de puissants vérins qui la font avancer de 60 centimètres à chaque poussée, la structure a commencé sa translation lundi 14 novembre 2016. Elle a ainsi parcouru une distance de 24 mètres en moins de trois heures, a annoncé la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), qui publie une vidéo de l’opération.

ICYMI: Arch sliding at #Chernobyl: the #Arch was successfully shifted by 24 metres towards #Reactor4 in less than 3 hours yesterday. pic.twitter.com/XaQbE0OSqK

— The EBRD (@EBRD) 15 novembre 2016

Le sarcophage de Tchernobyl doit résister à des tornades de classe 3

Ce dôme, dont la construction avait été commencée en 2010, doit se poser progressivement jusqu’à son emplacement final d’ici à fin novembre 2016. L’objectif est que cette arche géante vienne recouvrir les décombres de la centrale de Tchernobyl qui a explosé le 26 avril 1986, transformant les alentours en villes fantômes. Un premier sarcophage avait été érigé à la hâte six mois après la catastrophe. Sous cette coquille de béton et d’acier, des matières hautement radioactives, dont 190 tonnes de combustible (uranium) sont prises dans un amalgame vitrifié de déchets de béton et d’acier. Mais ce maigre bouclier, dégradé par les intempéries et les eaux de ruissellement, se fissure de toute part. À tel point que la structure a nécessité des travaux de renforcement en 1999, 2001, puis entre 2005 et 2006. Car un effondrement du sarcophage risquerait d’envoyer dans les airs des tonnes de poussières hautement radioactives et de causer un nouveau désastre.

Confiner cette coquille vieillissante est donc l’une des deux fonctions de cette gigantesque arche. L’autre étant le faciliter le démantèlement ultérieur grâce à des ponts roulants faisant office de grue. Cette nouvelle superstructure est sensée résister à des tornades de classe 3 (c’est-à-dire des vents allant de 250 à 330 km/h), ainsi qu’à des séismes d’une intensité allant jusqu’à 6 sur l’échelle de Mercalli (qui mesure l’ampleur des dégâts et l’intensité ressentie des secousses, et non l’énergie libérée. Cette échelle comporte 12 gradations). L’arche est conçue pour durer une centaine d’années. Impossible toutefois, du fait de la radioactivité ambiante, de la construire directement au-dessus de la centrale. Le chantier de la superstructure en acier a donc été lancé à côté de celle-ci, à l’ouest de la centrale, À 300 m du réacteur endommagé. “La zone de montage a été choisie afin d’éviter tout risque de radiation, assurait dans un communiqué Bouygues Construction, partie prenante de ces travaux. Des mesures de surveillance du site (radioactivité et contamination atmosphérique) sont assurées en permanence, tout au long de la réalisation du chantier“, précise l’entreprise, qui explique également que “le montage de la structure s’est fait au sol, car le rayonnement augmente avec la hauteur“.

Cette vidéo retrace les grandes étapes de la mise en place de cette arche :

Déjà repoussée de plusieurs années, la fin des travaux est prévue à la fin de l’année 2017. Mais même si ce calendrier est respecté, cela ne clôturera pas pour autant la fin de cette catastrophe industrielle. En effet, l’arche ne constitue en aucun cas une solution miracle ! La structure métallique n’arrêtera pas les rayonnements gamma. Ces ondes, de même nature que la lumière, transportent une énergie beaucoup plus importante. Elles peuvent traverser plusieurs mètres de béton et provoquer des brûlures, des cancers et des mutations génétiques. En d’autres termes, si un oiseau niche sur l’arche, il sera irradié ! En revanche, le confinement permettra aux populations alentour de ne plus être exposées, par inhalation ou ingestion, à la dispersion des poussières radioactives.

E.L et Olivier Hertel avec AFP.

Lire l’article complet : Sciences et Avenir

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