12:52 - mardi octobre 24, 2017

La qualité de l’air est désormais prédite à trois jours

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PRÉVISIONS. L’atmosphère parisienne, lyonnaise et marseillaise va encore être très chargée en particules fines samedi. La situation s’arrangera nettement dimanche à Marseille, plus légèrement à Paris et sera encore compliquée à Lyon. Lundi, l’air parisien sera respirable, celui de Marseille normal mais Lyon, Grenoble et les vallées alpines auront encore un air vicié au-dessus du seuil d’alerte. Cette prévision ne sort pas d’une boule de cristal mais du site “Prev’Air” piloté conjointement par l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) et Météo France. Créé en 2003, “Prev’Air” est un site pionnier au niveau européen. Il agrège les données collectées par les capteurs des 26 associations régionales agréées pour la mesure de la qualité de l’air (comme Airparif ou Air Rhône Alpes) avec les données météo à moyen terme fournies par le Centre européen de prévision de la météo. Ces mesures sont traitées par les modèles de transport des particules chimiques de Météo France CHIMERE et de l’Ineris MOCAGE.

C’est cette avance technique qui vaut aux deux organismes français de coordonner les compétences des Etats européens possédant leur propre outil de prévision de qualité de l’air dans le programme Copernicus. “Outre un degré de fiabilité accru, la coopération entre Etats permet de donner une image continentale de la pollution, explique Laurence Rouil, responsable du pôle modélisation environnementale à l’Ineris. Les polluants voyagent en effet d’un pays à l’autre, aussi les modèles nationaux ne peuvent donner leur provenance ». Ainsi, environ 50% des polluants en Ile-de-France proviennent d’autres régions quand les conditions de vent sont favorables à ces transferts (ce qui n’est pas le cas de l’épisode actuel où il n’y a pas de vent). Copernicus peut par exemple révéler le trajet de poussières en provenance du Sahara vers la France, que les modèles nationaux ne peuvent détecter.

800 cartes produites par jour !

MODÈLES. Copernicus va d’abord améliorer mesures et prévisions grâce à l’utilisation des satellites de ce programme d’observation et de surveillance de la Terre. ” Nous traitons quotidiennement 280 000 observations provenant de 70 instruments installés à bord de différents satellites », poursuit Sylvie Guidotti, responsable de la division Santé et environnement à Météo France. On peut ainsi obtenir l’état des couches d’air en huit niveaux entre le sol et 5000m de hauteur. L’ozone, les oxydes d’azote et de soufre, les oxydes de carbone, le méthane, les particules fines et mêmes les pollens des plantes sont ainsi enregistrés. Ces données sont croisées avec celles de 500 sites de mesure à la surface de la Terre pour des photographies de l’état de l’atmosphère presqu’en temps réel. “ Ces centaines de milliers de données sont ingérées par les sept modèles développés par les services météorologiques nationaux de la Finlande, Norvège, Suède, Pays-Bas et Royaume Uni, expose Laurence Rouil. Nous proposons alors une moyenne de leurs observations ». Les cartes présentent une résolution de mailles de 25 kilomètres pour le monde et de 10 kilomètres pour l’Europe. Tous les jours, ce sont ainsi 800 cartes de déplacement des polluants et de leur teneur dans l’atmosphère qui sont produites.

Ces informations sont en libre accès sur le site de Copernicus. Le système enregistre très peu de particuliers comme abonnés, mais compte en revanche les agences environnementales des pays partout dans le monde, des sociétés de service de dépollution, des start-up qui nourrissent des applications mobiles, des entreprises de conseil. Les services proposés ne concernent pas seulement la situation quotidienne et la prévision à quatre jours. “ Nous produisons également des bilans chiffrés comme les teneurs annuelles en concentrations de particules fines ou d’oxydes d’azote par exemple, et des simulations sur l’impact sur la qualité de l’air qu’auraient des mesures de réduction des émissions comme un abaissement du trafic automobile ou du chauffage résidentiel », détaille Sylvie Guidotti. Copernicus propose aussi la reconstitution des épisodes de pollution passés, en détaillant parfaitement les sources des gaz émis. De quoi tordre le coup aux affirmations les plus fantaisistes sur les responsabilités des pays et de leurs différents secteurs d’activité dans la pollution d’un bien commun.

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