11:15 - samedi septembre 23, 2017

Quel avenir pour les territoires du nucléaire en France ?

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By Teva Meyer, ATER en Géographie et Géopolitique, Université de Haute Alsace

Le report de la décision de fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) entériné par le Conseil d’administration d’EDF du 6 avril 2017 a replacé le nucléaire au centre de l’élection présidentielle.

Quels que soient les choix politiques à venir, les futurs gouvernements français ne pourront échapper à la nécessité de fermer certaines centrales, même s’ils décidaient de les remplacer par d’autres plus modernes. Les réacteurs nucléaires ne sont en aucun cas éternels et le remplacement de certains de leurs composants les plus importants, usés par le temps, apparaît tant techniquement difficile que peu rentable.

L’expérience de Fessenheim et du mouvement d’opposition qui s’est constitué autour de l’association Fessenheim Notre Énergie depuis l’annonce de la fermeture de la centrale doit servir d’avertissement. L’avenir des communes accueillant des réacteurs ne doit pas être exclusivement pensé en termes économiques.

Car loin de ne représenter que des pôles d’emplois interchangeables, les centrales nucléaires ont structuré, en près d’un demi-siècle d’existence, l’identité et les liens sociaux quotidiens de leur territoire d’implantation. Il est alors fondamental d’anticiper leur transformation identitaire et sociale, au risque de répéter (à une moindre échelle) les crises qui ont frappé les régions charbonnières du nord de la France après la fermeture des mines.

Des ” pays perdus redynamisés par le nucléaire

À l’inverse de l’Allemagne où les centrales ont été construites à proximité immédiate de grandes agglomérations ou dans des campagnes densément peuplées, le programme nucléaire français s’est déployé dans des territoires ruraux en déprises démographiques et économiques.

Pour ces ” pays perdus, selon l’expression de l’ethnologue Françoise Lafaye, l’arrivée du nucléaire symbolisait l’intégration dans un projet d’envergure qui les plaçait au cœur de la reconstruction de la nation après la guerre. En présentant les réacteurs tantôt comme de nouveaux châteaux le long de la Loire, tantôt comme des cathédrales des temps modernes, le gouvernement français inscrivait ces communes dans une continuité glorieuse du récit national, comme l’a bien décrit l’historienne américaine Gabrielle Hecht dans son ouvrage The Radiance of France.

Carte des centrales nucléaires en France.
ASN

L’installation des travailleurs du nucléaire accompagnés de leur famille a renversé le dépeuplement des campagnes sélectionnées. À titre d’exemple, la population de Fessenheim a augmenté de 120 % entre le début des travaux de la centrale en 1970 et sa mise en service sept ans plus tard.

Fidèle à ses habitudes d’aménagement du territoire et de gestion de son personnel, Électricité de France (EDF) a construit des lotissements dans quelques villages autour des centrales, favorisant ainsi la concentration des agents. Celle-ci ne s’est pas faite sans frictions avec les habitants locaux Plus…

Cette info vient du site : The Conversation

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