9:06 - jeudi avril 19, 2018

Sur les traces des botanistes oubliés : Paul Erdmann Isert (1755-1789)

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By Dominique Juhé-Beaulaton, Directrice de recherche en histoire, anthropologie et politique de la nature, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités Plusieurs botanistes lui ont rendu hommage en donnant son nom à des genres ou des espèces. Ici, l'” Isertia hankeana. Wikimedia Commons, CC BYDans le mouvement des grandes découvertes scientifiques du XVIIIe siècle, l’Afrique occidentale est restée marginale. Alors que peu de naturalistes y ont séjourné, le médecin et botaniste allemand Paul Erdmann Isert est aujourd’hui considéré comme un pionnier de l’exploration botanique de cette région.

Méconnu en tant qu’homme de sciences, il a pourtant contribué à enrichir les collections sur l’Afrique des herbiers européens, comme l’ont fait des botanistes plus célèbres tels Adanson (1727-1806) au Sénégal et Palisot de Beauvois (1752-1820) dans le golfe de Guinée.

” Personne n’arriva plus content que moi

Paul Erdmann Isert naît en 1755 dans le Brandebourg, en Allemagne, où il commence par apprendre le métier d’apothicaire. Il s’oriente ensuite vers des études d’histoire naturelle et de médecine auprès du célèbre médecin naturaliste berlinois, Marcus Élieser Bloch (1723-1799). Fils d’un tisserand, il n’est inséré dans aucun réseau scientifique mais souhaite y accéder. Pour y parvenir, motivé par l’envie d’explorer des régions inconnues, il part au Danemark. En 1783, il entre au service de la Compagnie danoise de Guinée comme médecin-inspecteur au fort Christiansborg près d’Accra, sur la Côte de l’Or (Ghana actuel).

Lors de ses voyages en Afrique puis dans les îles Caraïbes, Isert montre un grand intérêt pour les sciences naturelles. Au cours de son séjour de trois ans en Afrique de l’Ouest, du 16 octobre 1783 au 7 octobre 1786, il réside principalement à Christiansborg, quartier général des Danois. Il parcourt aussi la région littorale d’Accra jusqu’à Ouidah (Bénin) pour participer notamment à la traite des esclaves, ce qui lui laisse peu de temps pour étudier l’histoire naturelle de ces régions. Enfin, invité à se rendre à Kumasi, capitale du royaume Ashanti (Ghana) par une sœur du roi qu’il a soignée, il fait une incursion dans l’arrière-pays, dans les collines de l’Aquapim, à une cinquantaine de kilomètres au nord d’Accra.

Son exploration ne dure malheureusement qu’une dizaine de jours : rappelé au service par le gouverneur, il doit rentrer rapidement à Christiansborg. Il mit cependant à profit chacun de ses déplacements pour herboriser et envoyer en Europe des échantillons d’herbiers. Ainsi, lors d’une chasse à l’éléphant dans la région de Ouidah d’où les participants rentrent bredouilles, Isert, quant à lui, estime que ” personne n’arriva plus content que moi, qui avais rempli mon herbier de plantes qui ne s’étaient pas jusque-là offertes à ma vue.

Arrêter ce ” crime odieux inhumain

Isert a conscience que sa vocation de naturaliste ne peut s’épanouir dans le contexte de la compagnie danoise. C’est pourquoi, le 13 janvier 1785, il écrit à Sir Joseph Banks (1743-1820), éminent naturaliste anglais qui participe aux expéditions de James Cook et finance de nombreuses explorations scientifiques. Isert lui demande de soutenir ses recherches et lui propose de mener une expédition scientifique dans l’intérieur de l’Afrique, encore inexploré. Pour conforter sa demande, il joint à sa lettre un Plus…

Cette info vient du site : The Conversation

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