12:15 - lundi juin 25, 2018

Allemagne, États-Unis, Australie et Maroc dans les affres de l’après-charbon

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À l'heure de la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution, l'actualité relative aux différents modes d'exploitation de la houille dans le monde témoigne des contradictions entre discours et réalités, et des difficultés que pose le passage à l'après-charbon.

Entre Ruhr et Pays-Bas, Erkelenz-Immerath en Rhénanie-du-Nord Westphalie n'est plus qu'un village fantôme dans lequel l'église centenaire a été détruite en janvier dernier et les habitants (environ 900) déplacés, tout comme ceux d'une vingtaine d'autres hameaux dans la région.

L'Allemagne des mines à ciel ouvert

Là, comme ailleurs en Allemagne, et plus particulièrement près de la frontière polonaise, l'extension des mines de lignite à ciel ouvert s'avère destructrice. En dépit des vigoureuses protestations des paroissiens et des militants écologistes, les travaux du géant de l'énergie RWE progressent inexorablement.

Si la République fédérale s'est engagée à sortir totalement du nucléaire d'ici à 2022, elle doit néanmoins continuer à fournir du gaz et de l'électricité à ses 83 millions d'habitants. Or, 40 % de cette dernière provient de la combustion de lignite, un charbon de mauvaise qualité, extrêmement polluant, qui ne s'exploite qu'à ciel ouvert (" en découverte), tant ses couches sont peu profondes.

Si le nucléaire paraît condamné en raison de sa dangerosité, le lignite – encore appelé " charbon brun – semble avoir encore de beaux jours devant lui avec, pour les plus optimistes, de nombreux emplois à la clef.

La dangereuse extension des mines de lignite à ciel ouvert (Euronews/YouTube 2015).Le charbon à l'ère Trump

Aux États-Unis, dans les Appalaches, région historiquement charbonnière, les houillères employaient encore 90 000 hommes en 2012. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 52 000.

Dans leur grande majorité, ces travailleurs, issus de plusieurs générations de mineurs, regrettent les années fastes de l'exploitation du minerai. Sans regret pour l'ère Obama, ils ont été très nombreux à voter pour Donald Trump, qui l'a emporté dans les États miniers. N'a-t-il pas été généreusement soutenu par Bob Murray, un ancien mineur fondateur de la plus grande compagnie houillère privée des États-Unis, la Murray Energy Corporation ?

Même si au cours des six premiers mois du mandat du président, ancien animateur de " The Apprentice, la production de charbon a augmenté, les mineurs s'inquiètent malgré tout pour leur avenir. Et la mécanisation tant redoutée de leur métier sera-t-elle à même de produire le charbon dont dépend entre 30 % à 40 % de l'énergie domestique outre-Atlantique ?

Un projet indien controversé en Australie

En Australie, où l'exploitation de la houille (40 000 emplois) est désormais hautement mécanisée, le projet d'installation d'une mine à charbon thermique dans le Queensland, état qui longe une barrière de corail elle-même menacée par la pollution, par la firme indienne Adani est au centre des discussions.

Cette société du Gujarat prévoit en effet la construction d'une ligne de chemin de fer (longue de près de 400 km), allant du bassin Galilee jusqu'au terminal portuaire de Abbot Point.

De là, il est prévu que des cargos partiront chargés de charbon vers les centrales Plus...

By Diana Cooper-Richet, Chercheur au Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines, Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines – Université Paris-Saclay À l’heure de la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution, l’actualité relative aux différents modes d’exploitation de la houille dans le monde témoigne des contradictions entre discours et réalités, et des difficultés que pose le passage à l’après-charbon.

Entre Ruhr et Pays-Bas, Erkelenz-Immerath en Rhénanie-du-Nord Westphalie n’est plus qu’un village fantôme dans lequel l’église centenaire a été détruite en janvier dernier et les habitants (environ 900) déplacés, tout comme ceux d’une vingtaine d’autres hameaux dans la région.

L’Allemagne des mines à ciel ouvert

Là, comme ailleurs en Allemagne, et plus particulièrement près de la frontière polonaise, l’extension des mines de lignite à ciel ouvert s’avère destructrice. En dépit des vigoureuses protestations des paroissiens et des militants écologistes, les travaux du géant de l’énergie RWE progressent inexorablement.

Si la République fédérale s’est engagée à sortir totalement du nucléaire d’ici à 2022, elle doit néanmoins continuer à fournir du gaz et de l’électricité à ses 83 millions d’habitants. Or, 40 % de cette dernière provient de la combustion de lignite, un charbon de mauvaise qualité, extrêmement polluant, qui ne s’exploite qu’à ciel ouvert (” en découverte), tant ses couches sont peu profondes.

Si le nucléaire paraît condamné en raison de sa dangerosité, le lignite – encore appelé ” charbon brun – semble avoir encore de beaux jours devant lui avec, pour les plus optimistes, de nombreux emplois à la clef.

        La dangereuse extension des mines de lignite à ciel ouvert (Euronews/YouTube 2015).Le charbon à l'ère Trump

Aux États-Unis, dans les Appalaches, région historiquement charbonnière, les houillères employaient encore 90 000 hommes en 2012. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 52 000.

Dans leur grande majorité, ces travailleurs, issus de plusieurs générations de mineurs, regrettent les années fastes de l’exploitation du minerai. Sans regret pour l’ère Obama, ils ont été très nombreux à voter pour Donald Trump, qui l’a emporté dans les États miniers. N’a-t-il pas été généreusement soutenu par Bob Murray, un ancien mineur fondateur de la plus grande compagnie houillère privée des États-Unis, la Murray Energy Corporation ?

Même si au cours des six premiers mois du mandat du président, ancien animateur de ” The Apprentice, la production de charbon a augmenté, les mineurs s’inquiètent malgré tout pour leur avenir. Et la mécanisation tant redoutée de leur métier sera-t-elle à même de produire le charbon dont dépend entre 30 % à 40 % de l’énergie domestique outre-Atlantique ?

Un projet indien controversé en Australie

En Australie, où l’exploitation de la houille (40 000 emplois) est désormais hautement mécanisée, le projet d’installation d’une mine à charbon thermique dans le Queensland, état qui longe une barrière de corail elle-même menacée par la pollution, par la firme indienne Adani est au centre des discussions.

Cette société du Gujarat prévoit en effet la construction d’une ligne de chemin de fer (longue de près de 400 km), allant du bassin Galilee jusqu’au terminal portuaire de Abbot Point.

De là, il est prévu que des cargos partiront chargés de charbon vers les centrales Plus…

Cette info vient du site : The Conversation

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