12:26 - samedi avril 21, 2018

Regards croisés sur « l’humanité carnivore »

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By Florence Burgat, Philosophe, directrice de recherche, INRA ” Le quartier de viande, de Claude Monet, vers 1864. WikipediaCe texte est publié en partenariat avec ” Sesame, revue semestrielle éditée par la Mission Agrobiosciences-INRA, qui s’intéresse aux questions alimentaires, agricoles et environnementales. Pour cet entretien dont nous publions un extrait, la rédaction de Sesame a convié les philosophes Catherine Larrère et Florence Burgat à débattre de notre alimentation carnée, à l’occasion de la parution en 2017 de l’ouvrage de Florence Burgat, ” L’Humanité carnivore.

Revue Sesame : Florence Burgat, pourquoi avoir écrit ce livre et pourquoi ce titre, L’Humanité carnivore, alors que l’on dit de l’homme qu’il est omnivore ?

Florence Burgat : Ce livre s’inscrit dans le prolongement de recherches que je mène depuis une vingtaine d’années. J’ai essayé d’écrire un ouvrage de fond qui pose une question qui, à mon avis, n’est pas véritablement posée : pourquoi l’humanité est-elle carnivore ? Nombre de disciplines comme la nutrition, l’histoire et la sociologie de l’alimentation ont répondu à cette question et apportent des éclairages mais, malgré cela, il m’a semblé qu’il restait un noyau qui n’était pas interrogé et qui le mérite pourtant.

Catherine Larrère : La consommation de viande, la condition animale sont des sujets sensibles, et le livre de Florence est un travail de très grande qualité, accessible à beaucoup. Extrêmement clair et très argumenté, il va dans le sens de mon travail sur la nature. Il est très important que sur des questions d’actualité, on ne cède pas sur l’importance d’une réflexion de fond.

F. Burgat : Ma question est ” Pourquoi l’humanité mange-t-elle des animaux ?, et non ” pourquoi mange-t-elle de la viande ?. Je ne parle pas ici d’un régime alimentaire, qui est effectivement omnivore, mais bien du fait que l’humanité a institué l’alimentation carnée. Par ailleurs, l’humanité carnivore est un thème qui apparaît dans la littérature, dans les mythes…

C. Larrère : Je rappellerai la distinction entre carnassier et carnivore. Si l’humanité ne mangeait que de la viande par besoin physiologique, comme le font les loups, les chats, elle serait carnassière. Carnivore signifie que l’on mange de la viande, avec une référence qui dépasse de beaucoup l’apport de protéines dans un régime omnivore. D’où la question que se pose Florence : alors que l’humanité est omnivore, pourquoi la consommation de viande a-t-elle un rôle central, et non anecdotique ou passager ? Elle l’aborde philosophiquement, comme une question sur l’humanité dans son unité et son rapport, ou son absence de rapport à sa nature.

F. Burgat : C’est cela. Car même si l’humanité était physiologiquement carnassière, elle pourrait souhaiter moralement s’écarter de cette nature, comme elle le fait par exemple pour la reproduction. Mais il n’en est rien. Alors que l’humanité peut désormais choisir son régime et où elle peut se passer de viande, puisque que nous disposons des connaissances en nutrition et de savoir-faire, pourquoi choisit-elle de manger des animaux dans des proportions qui vont de façon croissante ? L’institution de l’alimentation carnée se radicalise, se développe et s’universalise. La question de Plus…

Cette info vient du site : The Conversation

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