12:28 - samedi juin 23, 2018

Fukushima, affaire classée ?

Lu 169 fois Robot Automatique Commentaires fermés sur Fukushima, affaire classée ?
single-thumb.jpg

Sept années après l'accident de Fukushima (survenu le 11 mars 2011), tout ou presque a été dit sur ses causes. Pourtant, les conclusions des experts ne prêtent que peu d'attention au récit de Masao Yoshida, alors directeur de la centrale et décédé en 2013.

Qui sait quelles décisions il a dû prendre pour éviter le pire entre le 11 et le 15 mars 2011 ? Son témoignage, disponible en français, remet en cause à lui seul les fondements de la sûreté nucléaire.

Une catastrophe " Made in Japan

L'accident a été rapidement qualifié par la communauté internationale et par les Japonais eux-mêmes comme un accident " Made in Japan, dans le sens où il relève d'un double particularisme : les aléas naturels caractéristiques du Japon (les séismes et les tsunamis) et la culture nipponne dans sa collusion avérée, ou pas, entre les industriels et le pouvoir politique.

La gestion de l'accident, tout à la fois par l'industriel Tepco et par le gouvernement nippon, a été très durement jugée pour son inefficacité. De graves défaillances dans l'intervention des opérateurs, qui n'ont pu éviter la fusion des réacteurs et les explosions qui s'en sont suivies. Tout au plus reconnaît-on une certaine forme d'héroïsme des acteurs de terrain.

L'étiquette " Made in Japan souligne la faillite d'un système sociotechnique qui se serait tenu bien trop loin des bonnes pratiques de la filière et des normes internationales, celles de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Ainsi, le caractère inéluctable de l'accident et la spécificité de ses causes en feraient étonnamment un cas à part. Sa dimension extraordinaire lui permet d'ailleurs de rejoindre dans l'histoire un autre accident " anormal, celui de Tchernobyl (dû à l'incurie soviétique), confortant de facto l'utopie d'une filière nucléaire " hautement fiable et sûre.

Les enquêtes et expertises ont été nombreuses : une commission d'enquête gouvernementale et une commission d'enquête parlementaire japonaises, les investigations de l'AIEA, de la NRC américaine, de l'OCDE par l'intermédiaire de l'AEN…

Les analyses ont principalement porté sur les conséquences du séisme et du tsunami sur l'installation industrielle, sur la gestion de la crise par l'exploitant et les autorités, sur les modalités de coopération entre les acteurs sur site et hors site (les services de secours et les moyens externes de Tepco). Des dizaines de milliers de pages de rapports ont été rendues publiques. Au final, les autorités concluent unanimement que le seul respect des normes de l'AIEA suffit à garantir la sûreté nucléaire.

Que dire alors des auditions des parties prenantes, plus de mille, demeurées pour la plupart confidentielles ? Ceci n'est pas sans poser un problème au fonctionnement de la démocratie : accepterait-on, en France, que les auditions d'une quelconque commission d'enquête parlementaire ne soient pas rendues totalement publiques ?

Au Japon, il faudra attendre septembre 2014 pour que l'audition du directeur de la centrale de Fukushima Daiichi, Masao Yoshida, à la suite de propos diffamatoires dans la presse, soit enfin révélée. Il s'agit d'un document de plus de quatre Plus...

By Franck Guarnieri, Directeur du Centre de recherche sur les risques et les crises, Mines ParisTech Sept années après l’accident de Fukushima (survenu le 11 mars 2011), tout ou presque a été dit sur ses causes. Pourtant, les conclusions des experts ne prêtent que peu d’attention au récit de Masao Yoshida, alors directeur de la centrale et décédé en 2013.

Qui sait quelles décisions il a dû prendre pour éviter le pire entre le 11 et le 15 mars 2011 ? Son témoignage, disponible en français, remet en cause à lui seul les fondements de la sûreté nucléaire.

Une catastrophe ” Made in Japan

L’accident a été rapidement qualifié par la communauté internationale et par les Japonais eux-mêmes comme un accident ” Made in Japan, dans le sens où il relève d’un double particularisme : les aléas naturels caractéristiques du Japon (les séismes et les tsunamis) et la culture nipponne dans sa collusion avérée, ou pas, entre les industriels et le pouvoir politique.

La gestion de l’accident, tout à la fois par l’industriel Tepco et par le gouvernement nippon, a été très durement jugée pour son inefficacité. De graves défaillances dans l’intervention des opérateurs, qui n’ont pu éviter la fusion des réacteurs et les explosions qui s’en sont suivies. Tout au plus reconnaît-on une certaine forme d’héroïsme des acteurs de terrain.

L’étiquette ” Made in Japan souligne la faillite d’un système sociotechnique qui se serait tenu bien trop loin des bonnes pratiques de la filière et des normes internationales, celles de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ainsi, le caractère inéluctable de l’accident et la spécificité de ses causes en feraient étonnamment un cas à part. Sa dimension extraordinaire lui permet d’ailleurs de rejoindre dans l’histoire un autre accident ” anormal, celui de Tchernobyl (dû à l’incurie soviétique), confortant de facto l’utopie d’une filière nucléaire ” hautement fiable et sûre.

Les enquêtes et expertises ont été nombreuses : une commission d’enquête gouvernementale et une commission d’enquête parlementaire japonaises, les investigations de l’AIEA, de la NRC américaine, de l’OCDE par l’intermédiaire de l’AEN…

Les analyses ont principalement porté sur les conséquences du séisme et du tsunami sur l’installation industrielle, sur la gestion de la crise par l’exploitant et les autorités, sur les modalités de coopération entre les acteurs sur site et hors site (les services de secours et les moyens externes de Tepco). Des dizaines de milliers de pages de rapports ont été rendues publiques. Au final, les autorités concluent unanimement que le seul respect des normes de l’AIEA suffit à garantir la sûreté nucléaire.

Que dire alors des auditions des parties prenantes, plus de mille, demeurées pour la plupart confidentielles ? Ceci n’est pas sans poser un problème au fonctionnement de la démocratie : accepterait-on, en France, que les auditions d’une quelconque commission d’enquête parlementaire ne soient pas rendues totalement publiques ?

Au Japon, il faudra attendre septembre 2014 pour que l’audition du directeur de la centrale de Fukushima Daiichi, Masao Yoshida, à la suite de propos diffamatoires dans la presse, soit enfin révélée. Il s’agit d’un document de plus de quatre Plus…

Cette info vient du site : The Conversation

The following two tabs change content below.
AVERTISSEMENT : Les communiqués de presse publiés dans cette rubrique ne sont pas rédigés par la rédaction de Fréquence Terre qui se dégage de toute responsabilité des propos qui sont tenus et rédigés par les tiers qui publient dans cette rubrique. Les informations contenues dans cette rubrique ne sont pas vérifiées par nos soins, vous pouvez toutefois nous signaler un contenu qui vous semblerait inapproprié en laissant un commentaire ou en nous contactant directement via notre formulaire de contact (accessible en bas de page).

EPR : épilogue du feuilleton finlandais d’Areva

Des poussettes, des vélos et des piétons pour “sauver les berges” à Paris

Suggestions
Commentaires fermés