8:52 - vendredi avril 20, 2018

Partenariats public-privé dans le secteur de l’eau : retour sur le cas sénégalais

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By Sarah Botton, Sociologue PhD, chargée de recherche, AFD (Agence française de développement) À Dakar, le taux d’accès à l’eau potable est de 98 %. AFDLe secteur de l’eau urbaine est historiquement une affaire de gestion publique des services, que ce soit à l’échelle municipale, régionale ou nationale.

Un rapide panorama international des services urbains de l’eau potable confirme que la gestion privée y joue, même aujourd’hui, une partition très modeste (environ 7 % de la population des villes en développement est desservie par un opérateur privé).

Pourtant, les années 1990 et 2000 ont été marquées par un très fort engouement pour les schémas de partenariats public-privé (PPP) qui promettaient, en théorie, une amélioration de l’efficacité technique et commerciale des services, et des ressources financières complémentaires pour financer les investissements massifs de services en pleine croissance.

Débats passionnés

La décennie 1990-2000 a également été marquée par des débats passionnés sur les vertus ou les dangers d’une gestion privée des services essentiels. De même, les années 2000 et 2010 ont été à l’origine d’une importante production de littérature grise sur la question des PPP : foisonnement d’analyses ou de recommandations largement portées par les institutions de financement de l’aide (Banque mondiale et banques régionales notamment). Toolkits, guidelines, handbooks et autres lessons learned ont vu le jour, produisant de la connaissance normative, certes nécessaire aux acteurs du secteur, mais très peu à la compréhension des véritables mécanismes à l’œuvre.

Il faut enfin noter l’existence d’autres analyses plus critiques ou plus soucieuses de s’extraire des débats sur le déterminisme institutionnel, par exemple les travaux portant sur les réformes en Afrique anglophone qui étudient les enjeux de la durabilité des services indépendamment des modes de gestion, de même que des recherches plus attachées à comprendre les processus et à les replacer dans une perspective historique.

Toutefois, ces analyses collectives qui ont cherché à réfléchir sur les PPP sans posture idéologique et à identifier ” les ingrédients prometteurs (ou non) des réformes des années 2000 sont maintenant anciennes et se sont, pour la plupart, penchées sur des contrats alors récents qui offraient encore peu de recul.

Or, dans la pratique, les contrats de PPP sont confrontés, pour une ou plusieurs décennies, aux réalités techniques, sociales et politiques des territoires de service. Il est nécessaire de les analyser sur le temps long et d’emprunter aux travaux d’économie politique, de management et de sociologie pour comprendre les ressorts de leurs évolutions.

Le cas sénégalais

Le Sénégal est actuellement engagé dans une seconde réforme de son secteur de l’eau urbaine, plus de 20 ans après la première.

D’ici l’été prochain, l’identité de l’opérateur privé qui exploitera les services d’eau potable de la capitale et de 66 villes du Sénégal (pour les quinze prochaines années), devrait être connu à l’issue d’un processus d’appel d’offres international.

La réforme en cours vise, non pas à remettre en cause le principe du PPP, mais à en renouveler les termes et à rétablir les équilibres entre partenaires qui avaient été définis lors de la réforme de 1995.

Si personne aujourd’hui au Sénégal n’affirme que la première réforme fut un échec, Plus…

Cette info vient du site : The Conversation

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