5:52 - jeudi avril 19, 2018

Agriculture et transition énergétique : les atouts du biogaz et de l’agroforesterie

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By Christian de Perthuis, Professeur d’économie, fondateur de la chaire « Économie du climat », Université Paris Dauphine – PSL Haies séparant des espaces agricoles dans le sud de la France. INRA DIST/Flickr, CC BYLutter contre le réchauffement climatique nécessite de ” décarboner rapidement notre système énergétique en renonçant aux sources fossiles.

L’agriculture peut contribuer à cette transition en accroissant notre approvisionnement en énergies décarbonées. Mais toutes les stratégies ne sont pas gagnantes et il faut privilégier celles qui s’inscrivent dans une approche globale des systèmes de production agricoles.

Une telle approche relativise l’intérêt des biocarburants de première génération pour mettre en lumière les potentiels du biogaz agricole et l’intérêt des pratiques agroforestières, comme la régénérescence des haies.

Limites des biocarburants de première génération

L’utilisation de la ressource agricole pour des usages énergétiques n’est pas une nouveauté. En 1950, l’avoine occupait plus du quart des surfaces céréalières françaises, un espace bien supérieur à celui dédié aujourd’hui aux biocarburants. Les agriculteurs réservaient ces sols pour nourrir leurs animaux de trait, de loin la première source d’énergie utilisée pour les travaux agricoles. Ce mode d’occupation du sol a ensuite rapidement décliné avec la diffusion de la motorisation.

L’intérêt du débouché énergétique est réapparu au sein du monde agricole dans les années 1980, au lendemain des deux chocs pétroliers qui ont marqué la fin de l’énergie fossile bon marché. Produire de l’énergie à partir de blé, de colza ou de betterave devint un cheval de bataille du monde agricole qui se heurta dans les premiers temps à l’opposition jointe des pétroliers et du ministère des Finances.

Dans les années 2000, la prise en compte des questions climatiques redistribua les cartes, deux directives européennes encourageant fortement les biocarburants.

        Les biocarburants (Ademe/YouTube, 2012).Ce revirement a permis de créer de nouvelles filières agro-industrielles et d'incorporer un peu moins de 10 % de produits agricoles dans nos carburants : principalement le colza dans le diesel et le blé et la betterave sucrière dans l'essence. Cela a permis de réduire d'autant les émissions de CO₂ du secteur des transports.

Le coût budgétaire de ces politiques est cependant élevé et le bilan en termes de réduction d’émission de gaz à effet de serre est mitigé quand on tient compte du cycle de vie des produits : le fonctionnement des bioraffineries est en effet gourmand en énergie. À l’amont des bioraffineries, les pratiques culturales, le transport et le stockage de la matière première génèrent également des émissions qu’il faut retrancher du bilan.

Et d’autres effets indirects pervers peuvent apparaître si l’essor du nouveau débouché énergétique entraîne des importations depuis des zones de déforestation tropicale, comme celles d’huile de palme en provenance d’Indonésie et de Malaisie pour la production de biodiesel.

Ce bilan mitigé en termes d’émissions, ajouté au risque de concurrence sur l’offre alimentaire, a conduit à une révision à la baisse des objectifs d’incorporation au profit des biocarburants de seconde génération basés sur la transformation de la seule matière ligneuse comme le bois, les pailles ou les résidus de culture.

L’avenir de telles filières reste subordonné à la Plus…

Cette info vient du site : The Conversation

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