5:42 - jeudi avril 19, 2018

Justice climatique : en Colombie, une décision historique contre la déforestation

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Par un jugement historique rendu le 5 avril 2018, la Cour suprême de la Colombie a ordonné au gouvernement colombien de mettre fin à la déforestation, lui rappelant son devoir de protéger la nature et le climat au nom des générations présentes et futures.

Elle a ainsi donné raison à un groupe de 25 enfants et jeunes qui, accompagnés par l'ONG Dejusticia, ont poursuivi l'État pour ne pas garantir leurs droits fondamentaux à la vie et à l'environnement. La Haute Cour leur a accordé une " tutelle, dispositif créé en 1991 qui garantit aux citoyens un examen rapide des plaintes pour violation des droits constitutionnels.

Dans le commentaire de leur décision, les juges ont enjoint le gouvernement, les gouverneurs des différentes provinces et les municipalités d'élaborer un plan d'action dans les cinq mois à venir pour préserver la forêt.

Une obligation " climatique

Dans la même ligne que les contentieux climatiques les plus emblématiques de 2015 – les affaires Urgenda aux Pays-Bas et Leghari au Pakistan –, cette décision démontre que la Colombie et les pays du Sud rejoignent le mouvement de tous ceux qui, par le biais des tribunaux, demandent à leurs gouvernements de prendre des mesures plus efficaces et plus immédiates pour lutter contre le changement climatique.

Selon les chiffres de l'Institut d'hydrologie, de météorologie et d'études environnementales de Colombie (IDEAM), le pays aurait perdu en 2016, 178 597 hectares de forêt vierge ; un chiffre impressionnant témoignant d'une augmentation de 44 % par à 2015. 70 074 hectares auraient disparu en Amazonie, l'un des endroits les plus riches en biodiversité de la planète et qui joue un rôle fondamental dans la régulation des cycles hydrologiques et climatiques.

En dépit du fait que le gouvernement colombien avait pris des engagements internationaux pour réduire la déforestation dans cette région, les plaignants ont alerté sur le caractère incontrôlable du phénomène.

S'il n'y a aucun chiffre consolidé pour 2017-2018, toutes les prévisions indiquent que la déforestation sera beaucoup plus élevée que les années précédentes. L'Amazonie a concentré 66 % des alertes de déboisement précoce. Et pour le seul mois de février, ce sont plus de 20 000 hectares de forêt qui ont disparu en raison de brûlis illégaux pour établir des fermes d'élevage de bétail, des cultures et des routes.

Le précédent de 2016

La Haute Cour a également déclaré que l'Amazonie bénéficie de droits juridiques et de protection en vertu de la loi, une approche inhabituelle, mais pas inédite. La Cour constitutionnelle colombienne avait en effet déjà statué en 2016 (décision T-622) que le fleuve Atrato, très pollué, avait des " droits à la protection et la conservation.

Dans sa décision du 5 avril dernier, la Cour Suprême, s'appuyant sur ce précédent, affirme que :

" Les droits accordés par la Constitution de la Colombie impliquent une transversabilité et concernent les êtres humains qui y habitent et qui doivent pouvoir jouir d'un environnement sain leur permettant de mener une vie digne et de jouir du bien-être.

Climat et nature, sujets de droit

L'utilisation des Plus...

By Marta Torre-Schaub, Directrice de recherches, juriste, spécialiste du changement climatique et du droit de l’environnement et la santé, Centre national de la recherche scientifique (CNRS) Par un jugement historique rendu le 5 avril 2018, la Cour suprême de la Colombie a ordonné au gouvernement colombien de mettre fin à la déforestation, lui rappelant son devoir de protéger la nature et le climat au nom des générations présentes et futures.

Elle a ainsi donné raison à un groupe de 25 enfants et jeunes qui, accompagnés par l’ONG Dejusticia, ont poursuivi l’État pour ne pas garantir leurs droits fondamentaux à la vie et à l’environnement. La Haute Cour leur a accordé une ” tutelle, dispositif créé en 1991 qui garantit aux citoyens un examen rapide des plaintes pour violation des droits constitutionnels.

Dans le commentaire de leur décision, les juges ont enjoint le gouvernement, les gouverneurs des différentes provinces et les municipalités d’élaborer un plan d’action dans les cinq mois à venir pour préserver la forêt.

Une obligation ” climatique

Dans la même ligne que les contentieux climatiques les plus emblématiques de 2015 – les affaires Urgenda aux Pays-Bas et Leghari au Pakistan –, cette décision démontre que la Colombie et les pays du Sud rejoignent le mouvement de tous ceux qui, par le biais des tribunaux, demandent à leurs gouvernements de prendre des mesures plus efficaces et plus immédiates pour lutter contre le changement climatique.

Selon les chiffres de l’Institut d’hydrologie, de météorologie et d’études environnementales de Colombie (IDEAM), le pays aurait perdu en 2016, 178 597 hectares de forêt vierge ; un chiffre impressionnant témoignant d’une augmentation de 44 % par à 2015. 70 074 hectares auraient disparu en Amazonie, l’un des endroits les plus riches en biodiversité de la planète et qui joue un rôle fondamental dans la régulation des cycles hydrologiques et climatiques.

En dépit du fait que le gouvernement colombien avait pris des engagements internationaux pour réduire la déforestation dans cette région, les plaignants ont alerté sur le caractère incontrôlable du phénomène.

S’il n’y a aucun chiffre consolidé pour 2017-2018, toutes les prévisions indiquent que la déforestation sera beaucoup plus élevée que les années précédentes. L’Amazonie a concentré 66 % des alertes de déboisement précoce. Et pour le seul mois de février, ce sont plus de 20 000 hectares de forêt qui ont disparu en raison de brûlis illégaux pour établir des fermes d’élevage de bétail, des cultures et des routes.

Le précédent de 2016

La Haute Cour a également déclaré que l’Amazonie bénéficie de droits juridiques et de protection en vertu de la loi, une approche inhabituelle, mais pas inédite. La Cour constitutionnelle colombienne avait en effet déjà statué en 2016 (décision T-622) que le fleuve Atrato, très pollué, avait des ” droits à la protection et la conservation.

Dans sa décision du 5 avril dernier, la Cour Suprême, s’appuyant sur ce précédent, affirme que :

” Les droits accordés par la Constitution de la Colombie impliquent une transversabilité et concernent les êtres humains qui y habitent et qui doivent pouvoir jouir d’un environnement sain leur permettant de mener une vie digne et de jouir du bien-être.

Climat et nature, sujets de droit

L’utilisation des Plus…

Cette info vient du site : The Conversation

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