4:20 - samedi mai 26, 2018

Les Palestiniens prisonniers d’un « écosystème de guerre »

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By Mark Zeitoun, Professor of Water Security, University of East Anglia Une jeune Palestinienne rentrant chez elle portant des bouteilles d’eau, dans le camp de réfugiés Al-Shati de la ville de Gaza. Mohammed Abed/AFPLes ressources en eau de Gaza ont de tout temps attiré les convoitises. Chaque armée, quittant ou entrant dans le désert du Sinaï, que ce soit les Babyloniens, Alexandre le Grand, les Ottomans, ou encore les Britanniques, a cherché à s’y approvisionner. Cependant, l’eau gazaouie attire aujourd’hui l’attention sur une situation échappant à tout contrôle.

Des attaques israéliennes à répétition et la fermeture des frontières palestiniennes par Israël et l’Égypte ont en effet laissé le territoire palestinien incapable de traiter correctement ses eaux ou ses déchets. Chaque goutte d’eau consommée à Gaza, chaque chasse d’eau actionnée ou chaque antibiotique absorbé s’en retourne à l’état dégradé dans l’environnement.

Lorsque quelqu’un tire la chasse dans un hôpital, l’eau non traitée s’infiltre dans l’aquifère à travers le sable. Elle y rejoint l’eau des fermes contenant des pesticides, celle polluée par les métaux lourds de l’industrie ou encore celle salée en provenance de l’océan. C’est cette même eau qui est ensuite repompée dans des puits municipaux ou privés, à laquelle s’ajoute une infime part d’eau douce achetée en Israël. Le tout s’écoule du robinet des habitants de Gaza.

Il en résulte une contamination générale de l’eau potable, devenue en grande partie impropre à la consommation : 90 % de cette eau dépasse les directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant la salinité et les chlorures.

Et l’émergence de ” super-virus n’a fait qu’aggraver ces conditions. Ces organismes ont en effet développé des multirésistances, conséquence de la prescription abusive d’antibiotiques par des médecins souvent désarmés face à la multiplication des affrontements et des blessés. Dans un tel contexte, les blessures fragilisent un peu plus les populations. Et l’accès non garanti à l’eau potable permet aux infections de se répandre plus vite, aux microbes de devenir plus forts, entraînant une prescription accrue d’antibiotiques, et laissant les victimes toujours un peu plus affaiblies.

Il en résulte ce que l’on appelle un ” environnement toxique ou encore un ” écosystème de la guerre ; le cycle de l’eau nocif n’en constituant qu’une partie. Le terme d’écosystème renvoie à l’interaction de tous les êtres vivants avec les ressources naturelles qui les soutiennent.

Or les sanctions, les barrages et l’état de guerre permanent que connaît Gaza ont des répercussions sur tout ce dont ses habitants ont besoin pour vivre ; la contamination de l’eau, la pollution de l’air, la perte de fertilité du sol et la mort du bétail à la suite de maladies en témoignent. Et si certains Gazaouis échappent par chance aux bombes ou aux tirs de sniper, ils ne peuvent fuir leur écosystème.

Les chirurgiens de guerre, les anthropologues médicaux et les ingénieurs hydrauliciens – dont nous faisons partie – en ont été témoins lors de conflits armés ou d’application de sanctions économiques. Le système d’approvisionnement en eau à Bassorah (Irak) a ainsi connu un sort identique ; de même que l’ensemble Plus…

Cette info vient du site : The Conversation

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