8:51 - dimanche juin 24, 2018

Favoriser la marche à pied en ville : une question plus complexe qu’il n’y paraît

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By Florence Huguenin-Richard, Maîtresse de conférences en géographie et aménagement, Sorbonne Université Votre ville est-elle ” marchable » ? Richard Kumo/Unsplash, CC BYEn ville, des caractéristiques reconnues depuis bien longtemps existent comme favorables à la pratique de la marche à pied en contexte urbain : une morphologie compacte, une forte mixité des usages, un réseau de voies de circulation communiquant entre elles.

Cet ensemble de caractéristiques correspond au modèle dit ” européen ; il a été remis au goût du jour depuis quelques décennies dans de nouveaux projets urbains en Europe ainsi que dans les principes du new urbanism. Dans cette manière d’agencer la ville, la proximité constitue le principe d’accessibilité aux ressources (emplois, habitats, commerces, loisirs) et du fait des faibles distances à parcourir, la marche à pied correspond au mode de déplacement parmi les plus efficients.

Pour autant, ce modèle urbain s’oppose au modèle dominant qui s’est imposé depuis le milieu du XXe siècle : celui de la dépendance à l’automobile, qui a conduit à la baisse de la pratique de la marche, devenue un mode inadapté à un contexte géographique marqué par l’allongement des distances.

Au regard des enjeux urbains actuels, comme la diminution de la pollution de l’air, des enjeux de mobilité ou encore des enjeux sociétaux tels que le vieillissement de la population ou l’augmentation de la sédentarité, garantir un bon potentiel piétonnier des territoires – walkability en anglais – devient un défi urbanistique et politique.

La question du développement des villes se pose alors, des villes plus accueillantes, plus apaisées, plus agréables, plus inclusives, voire plus ” capacitantes.

Favoriser la ville ” passante

Bien que favorable, la forme urbaine ne suffit pas elle seule à déterminer et garantir le potentiel piétonnier dans un quartier.

En premier lieu, la trame viaire – c’est-à-dire le dessin que les rues tracent par leur agencement et leur organisation spatiale – joue un rôle important notamment en fonction de son niveau de connexité et de la longueur des rues entre deux carrefours.

Ainsi, un réseau avec peu de culs-de-sac, de courtes rues et un grand nombre de carrefours permet aux piétons de multiples choix d’itinéraires. En ce sens, l’urbaniste David Mangin préconise de développer un modèle de ” ville passante portant une attention spécifique au développement d’un véritable réseau de circulation dédié aux piétons.

Cette ville ” passante correspond aux grands principes d’un urbanisme plus vertueux mais difficile à mettre en œuvre : se passer de la voiture autant que possible pour répondre, entre autres, aux enjeux du changement climatique. Il s’agit de fait d’un choix politique et sociétal lourd.

Hiérarchisation à la vénitienne

Hiérarchiser le réseau viaire consiste à organiser la circulation en ville en affectant une fonction à chaque rue et en aménageant les rues selon la fonction qui lui est assignée. In nihilo, il s’agit de créer un réseau structuré : de grandes artères de transit à forte vitesse interdites aux piétons, aux rues piétonnes interdites aux voitures.

Mais une trop forte hiérarchisation en faveur de la voiture risque de cloisonner les piétons Plus…

Cette info vient du site : The Conversation

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