Cet article a été rédigé par Xavier Hollandts, Professeur de Stratégie et Entrepreneuriat, Kedge Business School du site theconversation.com

Lire l’article sur le site d’origine

Du champ à l'assiette, qu'est ce qu'un aliment « bio » ? Vectorpouch / Freepik, CC BY-SA

Tu entends de plus en plus parler de bio autour de toi. Tu as peut-être remarqué que chaque jour à la cantine, on te propose un plat ou un aliment bio. Tes parents achètent peut-être des aliments bio : des fruits, des légumes, de la viande ou du café bio par exemple. Et ils ne sont pas les seuls puisque trois Français sur quatre déclarent consommer du bio au moins une fois par mois.

C’est quoi un aliment bio ?

Comment savoir qu’un produit est bio ? La façon la plus simple c’est de regarder les emballages. Deux logos principaux permettent d’identifier un produit bio : un logo européen et le logo « AB » pour agriculture biologique (que tu as sûrement déjà vu).

L’agriculture biologique expliquée aux enfants (AgenceBio).

Mais cela ne nous dit pas en quoi ces produits sont différents. Sans rentrer dans les détails techniques, il faut juste que tu saches que les aliments bio sont produits de façon différente par rapport à l’agriculture classique (que l’on appelle aussi agriculture conventionnelle).

Dans l’agriculture conventionnelle, certaines choses sont autorisées mais sont interdites en agriculture biologique. Dans l’agriculture bio, on ne doit pas utiliser des produits issus de l’industrie chimique. En ce qui concerne la viande, les agriculteurs bio élèvent leurs animaux dans des conditions plus agréables et les soignent avec des médicaments plus naturels.

Les paysans qui produisent en bio préfèrent produire de cette façon plutôt que de façon traditionnelle. Par ailleurs, ce type de production leur permet d’un peu mieux gagner leur vie. En effet, les produits bio sont un peu mieux payés, notamment parce qu’ils sont plus demandés. Les paysans peuvent donc les vendre plus cher que des produits conventionnels.

Est-ce qu’on en fait beaucoup en France ?

Pas tant que ça finalement. En France, 2 millions d’hectares sont cultivés en bio par 42 000 producteurs. Le chiffre semble important mais cela représente environ une exploitation agricole sur dix. C’est essentiellement dans le sud (Languedoc-Roussillon et Provence) que l’on trouve la plus grande part des exploitations bio.

En Europe, on compte environ 300 000 fermes bio. Dans le monde, on estime qu’un seul champ sur 100 est en bio. Comme les agriculteurs français n’arrivent pas à satisfaire en totalité la demande, on est obligé d’importer des produits bios venant d’autres pays (fruits, surgelés, jus de fruits, par exemple) afin que les consommateurs français puissent trouver les produits qu’ils souhaitent.

« Agriculture biologique : le secteur qui monte, qui monte… » (France 24).

Pourquoi ces chiffres modestes ? Essentiellement parce que le passage au bio représente un risque important pour le paysan. Il dispose de moins de produits pour soigner ou protéger les plantes et les animaux. De plus, il « perd » environ deux années de production lors du passage de l’agriculture conventionnelle au bio. Il risque d’avoir une production moins importante mais dépensera moins tout en devant employer un peu plus de personnel. Donc, tout cela doit se calculer au plus juste et c’est ce qui peut expliquer en partie que certains agriculteurs hésitent !

Le bio, c’est bon pour la planète ?

Parce qu’on utilise moins de produits issus de la chimie pour produire du bio, les produits biologiques sont moins polluants, pour les sols, les cours d’eau, comme pour la santé des agriculteurs.

Mais le bio, ce n’est pas forcément produit dans une petite ferme. Si la taille moyenne d’une exploitation en agriculture bio est de 48 hectares, on peut aussi avoir de grandes exploitations, avec de l’élevage intensif, ou des usines avec des méthodes de fabrication industrielle. Si tu achètes au supermarché des biscuits au chocolat bio, ils ont probablement été fabriqués dans une usine et transportés par camion jusqu’au magasin. Le chocolat a été produit en Afrique ou en Amérique du Sud, et il a fallu le transporter jusqu’à l’usine qui a fabriqué les biscuits. Il se passe un peu la même chose quand on achète des fruits et des légumes bio qui ne sont pas de saison, et qui viennent de l’autre bout du monde. Alors même si le produit est bio, cela ne veut pas forcément dire qu’il n’y a pas du tout de pollution !

Peut-on se nourrir exclusivement de bio ?

Oui c’est possible, à condition de passer un peu plus de temps pour trouver tous les produits dont tu as besoin. En effet, tu as sans doute remarqué que les supermarchés ont désormais un rayon bio plus ou moins important selon les cas.

Des magasins bio ne proposant que des produits certifiés se sont développés. Si tu veux consommer exclusivement bio, il faudra en revanche y consacrer un budget plus important. Au-delà de l’alimentation, tu peux aussi vivre 100 % bio si tu le souhaites puisqu’il existe de nombreux produits d’hygiène, de nettoyage de bien-être ou de parapharmacie qui sont labellisés bio !

Un autre aspect de la question concerne le bénéfice de l’alimentation bio par rapport à l’alimentation classique. De nombreuses études scientifiques ont été menées mais pour être tout à fait exact, le bénéfice supposé du bio relève un peu plus d’une conviction que d’une vérité scientifique bien établie. En effet beaucoup de paramètres rentrent en ligne de compte : fréquence, autres habitudes alimentaires ou environnement direct.

Produire ou consommer bio, c’est faire ou acheter des produits différents. Le bio ne garantit pas pour autant que c’est meilleur, notamment en termes de saveurs, c’est avant tout une affaire de goût personnel ! La progression régulière de l’alimentation biologique répond en partie aux nouvelles attentes des consommateurs notamment en termes d’écologie ou d’environnement mais de nombreux défis attendent encore l’agriculture mondiale. Par exemple, serons-nous capables de nourrir 10 milliards d’habitants en 2050 ? Les agriculteurs, les chercheurs et les agronomes travaillent sur ce sujet et une partie de la solution proviendra sûrement du bon équilibre entre agriculture conventionnelle et agriculture biologique.


Diane Rottner, CC BY-NC-ND

Si toi aussi tu as une question, demande à tes parents d’envoyer un mail à : tcjunior@theconversation.fr. Nous trouverons un.e scientifique pour te répondre.

Illustration : Diane Rottner.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Postez votre commentaire ici
Entrez votre nom ici