Pour cette ultime chronique dévolue à l’essai Sagesses d’ailleurs de Frederika Van Ingen (J’ai Lu), qui se base sur des récits de « passeurs de Mémoire» ayant vécu avec des peuples racines, il y a cette mise au point : « Plus vous côtoyez la mort, plus ou aimez la vie, car vous êtes conscient de ce qu’est la vie, de ce qu’est cette énergie dans la matière. »
Quant à Boris Choleka, professeur de yoga devenu chaman, il explique : « Tu deviens indépendant à partir du moment où tu comprends que tout est connecté et que tu es relié. La liberté, c’est l’expérience vécue de cette reliance à chaque instant. »
Éric Julien, ancien géographe, à présent responsable de l’École de la nature et des savoirs, côtoya les Indiens semi-nomades de la Sierra Nevada, des Kogis, qui lui déclarèrent : « Avec nos terres, nous pouvons retrouver l’histoire. Une personne sans histoire, sans mémoire, est une personne malade. »
Si leurs terres furent spoliées et occupées en grande partie par les colons, ils croient avec force que s’ils pouvaient refaire leur travail dans la Sierra, cela permettrait de maintenir l’équilibre du monde.
« Rien que ça ! » s’exclama Frederika Van Ingen, et de poser une hypothèse valable pour tout son livre : « Il s’agit sans doute de mythes traditionnels à ranger au rayon des croyances naïves, comme on a coutume de le faire quand une idée questionne trop fortement nos certitudes. »
La réponse vint de la bouche d’Éric Julien : « Pour les Kogis, la Terre est un corps vivant, culture, spiritualité et réalité quotidienne ne font qu’un. Ainsi, quand ils réinvestissent les terres, les forêts refleurissent à une vitesse à faire pâlir le plus brillant des agronomes. »
Et, cette dernière constatation : « On met nos parents à la maison de retraite, on paie quelqu’un pour élever nos enfants, on n’a plus le temps… Les peuples racines, eux, vivent dans une société d’inclusion, tandis que nous avons créé une société d’exclusion. »

Musique : Michaël Mathy

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