Cet article a été rédigé par Pierrick Graviou, Géologue, BRGM du site theconversation.com

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L’allée couverte de la Roche-aux-Fées : le plus grand dolmen de France et l’un des plus beaux monuments mégalithiques de Bretagne. Pierrick Graviou/BRGM, CC BY-NC-ND

Cet été, le géologue Pierrick Graviou nous invite à découvrir, en photos, 5 curiosités géologiques à travers la Bretagne.


Localisation d’Essé. Google Maps

Situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Rennes, sur la commune d’Essé (Ille-et-Vilaine), le dolmen de la Roche-aux-Fées impressionne au premier regard par ses dimensions tout à fait exceptionnelles : près de 20 mètres de longueur pour 6 mètres de largeur et quatre mètres de hauteur.

Mais ce qui surprend surtout le visiteur averti, c’est la nature des roches mises en œuvre dans l’édification du monument, très différentes de ce que l’on peut trouver dans le sous-sol environnant. Car si ce sous-sol est essentiellement formé de schistes gris verdâtres très fracturés et peu résistants, les éléments qui constituent le dolmen s’identifient à des grès rougeâtres beaucoup plus adaptés à la construction.

Il faut donc se rendre à l’évidence : les blocs gigantesques utilisés à la Roche-aux-Fées n’ont pas été extraits localement. Ils ont été transportés depuis un autre lieu qui, si l’on en croit les études géologiques et archéologiques, se situe à environ 5 kilomètres plus au sud, au cœur de la forêt du Theil.

Un véritable exploit

Ces blocs pouvant atteindre plusieurs dizaines de tonnes – une quarantaine au total – ont ainsi été acheminés à travers la campagne, au mépris du relief et des embûches en tout genre.

Et quand on sait que ce travail colossal a été réalisé au cours du Néolithique, il y a environ 5000 ans, on se dit qu’il s’agit là d’un véritable exploit, une performance qui montre la détermination sans faille des maîtres d’œuvre.

L’entrée de l’allée couverte. Pierrick Graviou/BRGM, CC BY-NC-ND

Il fallait que ce dolmen soit érigé à l’endroit précis où il se trouve aujourd’hui, suivant un agencement qui, lui non plus, ne doit rien au hasard et qui vient renforcer la magie du site : au solstice d’hiver, le 21 décembre, le soleil se lève exactement dans l’axe de l’allée couverte, venant éclairer la dalle du fond pendant quelques minutes…

On est alors en droit de se demander si ce n’est finalement pas les fées qui seraient à l’origine de ce monument mégalithique. Des fées qui, selon la légende, auraient transporté les pierres cyclopéennes dans leur tablier. À chacun sa vérité !

The Conversation

Pierrick Graviou ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

 

 

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