Cet article a été rédigé par Émilie Gouriveau, Doctorante à l’Université de Bourgogne-Franche-Comté, Université de Franche-Comté du site theconversation.com

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Peb&Fox/Syndicat national de l’édition, CC BY-NC-ND

Cet extrait de la BD « Sciences en bulles » est publié dans le cadre de la Fête de la science (du 2 au 12 octobre 2020 en métropole et du 6 au 16 novembre en outre-mer et à l’international) dont The Conversation France est partenaire. Cette nouvelle édition aura pour thème : « Planète Nature ? ». Retrouvez tous les débats et les événements de votre région sur le site Fetedelascience.fr.


Mon travail de recherche vise à reconstituer la relation entre les sociétés humaines et leur environnement depuis l’époque des populations de chasseurs-cueilleurs jusqu’à nos jours. Plus particulièrement, je cherche à étudier l’impact des activités humaines passées et récentes sur les paysages des Vosges du Nord. Pour ce faire, j’utilise plusieurs indicateurs qui se conservent dans le sol, tels que les pollens, les spores de champignons, les charbons et les particules carbonisées, ou encore les pollutions métalliques…

L’une des principales disciplines que j’utilise est la palynologie, c’est-à-dire l’étude des grains de pollen fossiles. Ceux-ci peuvent se conserver pendant des dizaines de milliers d’années dans les milieux particuliers que sont les milieux humides comme les tourbières ou les lacs.

Comme chaque plante produit un pollen aux caractéristiques morphologiques particulières, l’observation microscopique des pollens fossiles, extraits des sédiments, permet d’appréhender la végétation présente à une époque donnée.

La palynologie permet ainsi de reconstituer l’évolution de la végétation sur des temps très longs, mais également de repérer des phases anciennes d’occupation humaine. Celles-ci sont mises en évidence par l’identification de certaines plantes liées à la présence de l’homme telles les plantes cultivées et les « mauvaises herbes ». La présence humaine est aussi révélée par les déboisements issus de l’approvisionnement en combustible de toutes sortes d’industries (métallurgie, verrerie par exemple).

Les résultats de mon travail de recherche permettent de valoriser le paysage des Vosges du Nord en reconstituant son évolution sur le long terme. Ils permettent également d’enrichir l’histoire de la région en identifiant des phases d’occupation et des activités humaines qui n’ont en revanche pas laissé de traces écrites ou archéologiques.

De plus, les données obtenues sur la végétation et sur sa réponse aux perturbations d’origine climatique et anthropique sont précieuses pour les conservateurs des parcs et réserves naturelles qui gèrent ces écosystèmes dans le contexte de changement climatique et de crise de la biodiversité actuels.


Retrouvez les créations dessinées du duo Peb & Fox sur leur blog.

The Conversation

Émilie Gouriveau a reçu des financements du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (bourse doctorale), de l’Observatoire Homme-Milieu (OHM) “Pays de Bitche”, du LabEx DRIIHM (CNRS), de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse (AERM) et du “Commissariat à l’aménagement, au développement et à la protection du Massif des Vosges”.

 

 

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