mardi, février 20, 2024

Pollution: notre linge sale salit les océans !

Environ 250 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde et par an. On les trouve partout et j’ai déjà évoqué ici les sacs plastiques et les macro-déchets qui empoisonnent nos océans.

Mais une pollution plus sournoise et moins visible y est présente. Il s’agit de micro-particules de plastique d’une taille inférieure au millimètre. On assiste à une croissance au fil des ans de ces petits débris invisibles qui flottent ou que l’on trouve en suspension ou piégés dans les sédiments. On savait qu’environ 30% des particules en suspension dans l’eau de mer étaient de nature plastique. On n’en connaissait pas encore la source initiale. C’est désormais élucidé. Selon un scientifique britannique, Richard Thomson, c’est environ 80% de ces particules qui viendraient de nos machines à laver. Ou plus précisément de nos vêtements en polyester, en acrylique, en polypropylène ou en polyéthylène ou fibres polyamides. En lavant notre linge sale, seul ou en famille, on salit les océans.

Car nos stations d’épuration ne les filtrent pas. Les dimensions de ces micro-particules détachées lors du lavage les conduisent au travers de tous les obstacles pour les retrouver finalement en mer. D’après Richard Thomson et son équipe, 100 fibres par litre sont rejetées dans les eaux de lavage d’une machine à laver. Considérant que nous sommes 7 milliards désormais sur cette planète, la quantité rejetée devient considérable et s’accumule depuis de nombreuses années. Les études du plancton de l’Atlantique du Nord ont trouvé du plastique dans des échantillons datant de 1960 avec une augmentation significative au fil du temps. Certes, d’autres sources de plastique sont toutes aussi néfastes, comme la fragmentation des sacs plastiques, des bouteilles plastiques ou encore certains produits de nettoyage. Mais cette pollution est loin d’être neutre. En plus de pouvoir être ingérée par la faune et de se retrouver dans nos assiettes, elle charrie des substances toxiques comme les PCB ou les HAP dont on connaît, pour beaucoup d’entre eux, le risque en matière de santé. Une prolifération et une accumulation de ces substances devient dès lors un vrai problème sanitaire.

Que faire contre ces micro-particules plastiques ? En attendant que les industriels à la fois de l’électroménager et des stations d’épuration prennent le problème en main, par des filtres adéquats, il nous faut passer à des vêtements plus naturels, tels que le coton, la laine, à éviter le mélange des genres coton et polyamide. Et pour ceux déjà en notre possession, éviter les lavages trop fréquents à des températures trop élevées. Les lessives sont si performantes de nos jours que les vêtements synthétiques peuvent être lavés à froid et essorés à maximum 600 tours par minute. Moins d’énergie dépensée, plus de confort au naturel, moins de pollution, une équation simple pour chacun d’entre nous.

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